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Le chef de l'opposition cambodgienne revient au pays pour faire campagne

19/07/2013 08:50 EDT | Actualisé 18/09/2013 05:12 EDT

PHNOM PENH, Cambodge - Des milliers de partisans enthousiastes ont accueilli, vendredi, le chef de l'opposition cambodgienne, de retour au pays après un exil volontaire pour mener sa campagne électorale contre le premier ministre Hun Sen.

«Je suis venu sauver le pays», a déclaré Sam Rainsy à la foule réunie à l'aéroport de Phnom Penh, après s'être agenouillé pour embrasser le sol.

«Je suis heureux d'être ici», a-t-il poursuivi, alors que ses partisans scandaient «Nous voulons du changement!».

Le leader de l'opposition cambodgienne était en exil depuis 2009, après avoir été condamné à 11 ans de prison pour des accusations que plusieurs considèrent comme politiquement motivées.

M. Rainsy, âgé de 64 ans, a reçu le pardon royal la semaine dernière à la demande du premier ministre, son rival dont le parti est presque certain de maintenir sa poigne de fer sur le pouvoir lors des élections générales du 28 juillet.

Hun Sen dirige le Cambodge depuis 28 ans, et son parti détient 90 des 123 sièges de l'Assemblée nationale. Le premier ministre a récemment affirmé qu'il avait l'intention de rester au pouvoir jusqu'à l'âge de 74 ans, ramenant ses ambitions à la baisse, alors qu'il avait précédemment déclaré qu'il resterait jusqu'à l'âge de 90 ans.

Les critiques du gouvernement estiment que les élections ne seront ni justes ni libres. Ils soulignent que le régime de Hun Sen manipule tous les leviers du gouvernement et influence le système judiciaire pour affaiblir l'opposition.

Le mois dernier, 28 députés de l'opposition ont été expulsés du Parlement quand un comité dirigé par le parti de Hun Sen a statué qu'ils avaient violé les règles parce qu'ils avaient été initialement élus sous la bannière du Parti Sam Rainsy, mais qu'ils faisaient campagne au nom du nouveau Parti du sauvetage national cambodgien, avec lequel le parti de M. Rainsy a fusionné.

Sam Rainsy devrait attirer de grandes foules durant sa tournée électorale, qui le mènera dans une douzaine de provinces en une semaine. Sa campagne sera axée sur la lutte contre la corruption et les saisies de terres, alors que des dizaines de milliers de Cambodgiens ont été déplacés de leur maison ou de leur terre dans des circonstances souvent obscures.

Parmi les partisans venus accueillir Sam Rainsy à Phnom Penh vendredi, il y avait Chea Pirum, 74 ans.

«J'ai vécu à travers cinq régimes et j'ai connu d'autres dirigeants, mais Sam Rainsy est différent», a dit l'homme. «Il a tout donné pour le pays, et en particulier pour les pauvres comme moi. J'espère que son retour amènera la véritable démocratie.»

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