En dépit de l'augmentation du prix de l'essence à quelques heures du début des vacances de la construction, l'idée voulant que les détaillants profitent de l'achalandage des vacances pour hausser le prix des carburants ne serait pas fondée, selon l'industrie pétrolière et le CAA-Québec.

En entrevue à l'émission 24 heures en 60 minutes sur les ondes de RDI, Carol Montreuil, vice-président de l'Institut canadien des produits pétroliers, a affirmé jeudi que les consommateurs ont l'impression que le prix de l'essence augmente avant les vacances, mais qu'en fait, il n'en est rien.

« Si on regarde 2012 et 2011, du mois d'avril au mois de juillet, ce sont des baisses qui ont été enregistrées (...) Quand on regarde sur plusieurs années, on voit que les prix ont autant de chance de monter, de descendre que de rester stable. » -- Carol Montreuil, vice-président de l'Institut canadien des produits pétroliers

Une constatation que partage également Cédric Essiminy, porte-parole de CAA-Québec.

« Malheureusement, ça fait des années qu'on regarde le prix de l'essence et qu'on l'analyse sous toutes ses coutures. Et on n'a jamais pu faire de lien direct entre l'arrivée des vacances de la construction et l'augmentation du prix de l'essence », souligne de son côté Cédric Essiminy, porte-parole de CAA-Québec.

« Sachant qu'on est dans un marché en constante mutation, il est inévitable qu'il va y avoir une hausse pendant un congé férié ou une période de vacances prolongées. De là à avoir un lien direct de cause à effet, on n'a jamais été capable d'en faire la preuve », ajoute-t-il.

Les détaillants plus gourmands qu'à l'habitude, croit le CAA-Québec

Par contre, la récente augmentation de 10 ¢ du prix du litre d'essence à la pompe dans la région de Montréal n'est aucunement justifiée, souligne Cédric Essiminy.

« C'est un prix qui est très élevé, trop élevé, compte tenu des marges au détail antérieures qui avaient cours cette semaine », explique le porte-parole du CAA-Québec.

Ce dernier recommande d'ailleurs aux automobilistes, s'ils le peuvent, de faire le plein hors de la grande région de Montréal, où les prix sont nettement moins élevés.

« Ce qu'on voit c'est que les détaillants ont profité du fait que le produit de l'essence raffinée soit en hausse pour prendre des marges au détail plus confortables que ce qu'ils ont l'habitude de prendre. Ils prenaient déjà des marges assez confortables. » -- Cédric Essiminy, CAA-Québec

Ces différences importantes du prix du carburant d'une région à l'autre s'expliquent, selon Carol Montreuil, par les taxes différentes et la compétitivité variable au sein de différents marchés.

Par rapport à l'imposition d'un prix plancher, M. Montreuil souligne par ailleurs que « beaucoup d'économistes diront que réglementation n'est pas à l'avantage du consommateur. »