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Claude Charron, portrait d'un prodige de l'édition

19/07/2013 05:00 EDT | Actualisé 17/09/2013 05:12 EDT

Claude Charron s'était fait connaître du grand public ces dernières années dans les publicités de son magazine en nous souhaitant « Bonne semaine. » Mais cette semaine, le géant de l'édition s'est souhaité « bonne retraite » en cédant le magazine La semaine et sa maison d'édition au Groupe TVA. Portrait d'un prodige de l'édition.

L'éditeur a commencé sa carrière à l'âge de 20 ans, au service des Éditions Péladeau. Il a ainsi fait ses débuts avec Pierre Péladeau père, qu'il décrit comme « un homme de passion » à qui il ressemblait beaucoup et avec qui il s'entendait bien.

Sans diplôme, ni expérience, mais passionné par le graphisme qui « attire l'œil et séduit », son talent vaut à Claude Charron d'être nommé directeur de Photo-vedette puis de Télé-radio Monde. Sous sa gouverne, les tirages bondissent.

Mais dix ans plus tard, la chicane éclate entre et Pierre Péladeau et son directeur. M. Péladeau veut se concentrer sur le journal alors que M. Charron voit l'avenir dans le papier glacé.

Claude Charron décide alors de fonder, en 1977, le Lundi. Mais le démarrage est chaotique.

« J'étais presque en faillite. Je devais 800 000 $ à la banque. C'était beaucoup... Et là, Elvis Presley est mort ».

La mort du « king » a sauvé l'éditeur, qui a rapidement réussi à sortir son édition spéciale et lui a rapporté 400 000 $ en l'espace d'une fin de semaine.

Plus tard, en 1984, Claude Charron vend le Lundi à Unimédia qui le revend à Québécor. Le magazine périclite et Québécor revend 50 % du magazine à M. Charron qui le remet à flot.

Entre temps, l'homme d'affaires fonde le 7 jours et les éditions Trustar. Claude Charron possède alors 77 % du marché du magazine au Québec. En 2000, TVA offre 46 millions à Charron pour en faire l'acquisition et il signe une entente de non-concurrence. Mais cinq ans plus tard, lorsque l'entente arrive à échéance, le prodige de l'édition québécoise lance La Semaine, qui lui vaudra, cette semaine, sa « plus grosse transaction » avec Pierre Karl Péladeau.

Claude Charron est content de partir à la retraite, dit-il, sur une dernière transaction qui s'est réalisée « dans le respect ». « Je trouve ça extraordinaire de m'en aller dans une retraite avec ce sentiment-là ».

M. Charron compte maintenant travailler sur sa biographie, qu'il pourrait, possiblement, vendre un jour à TVA.

Avec les informations d'Émilie Dubreuil et de Renée Dumais-Beaudoin.

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