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Affaire Trayvon Martin: les Américains doivent se poser des questions, dit Obama

19/07/2013 02:00 EDT | Actualisé 18/09/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président des États-Unis, Barack Obama, a déclaré vendredi que les Noirs américains avaient été choqués par le verdict dans l'affaire Trayvon Martin à cause d'une «histoire qui ne s'efface pas».

M. Obama a tenu ces propos lors d'un point de presse inattendu à la Maison-Blanche, sa première déclaration publique depuis l'acquittement de George Zimmerman, le surveillant de quartier accusé d'avoir tué l'adolescent noir en Floride en 2012.

Le président a affirmé que les Afro-Américains percevaient l'affaire Trayvon Martin à travers «une série d'expériences vécues et une histoire qui ne s'efface pas». Il a déclaré que les hommes noirs avaient l'habitude d'être craints et que les Noirs voyaient une disparité dans la façon dont ils sont traités par la loi.

Barack Obama a déclaré qu'avant d'être élu sénateur, puis président, il arrivait souvent que des automobilistes verrouillent leurs portières ou que des femmes serrent leur sac à main contre elles à son passage.

Le président a estimé qu'après l'affaire Trayvon Martin, le pays avait besoin de se poser des questions, de trouver des façons de soutenir les jeunes garçons noirs et d'examiner les lois locales pour déterminer si elles encouragent les confrontations comme celle ayant mené à la mort de l'adolescent.

«Par où devrions-nous commencer?», a lancé le président. «Comment faire pour tirer des leçons de cette histoire et avancer dans la bonne direction?»

M. Obama a affirmé que les Américains devaient se poser des questions, mais a estimé que les discussions n'étaient généralement pas productives quand les politiciens tentent de les orienter.

Le premier président noir des États-Unis a tout de même estimé que les relations raciales s'étaient améliorées dans le pays, donnant en exemple ses deux filles et leurs interactions avec leurs amis. «Elles sont meilleures que nous le sommes. Elles sont meilleures que nous l'avons été», a-t-il dit.

Barack Obama a refusé de s'exprimer sur les détails juridiques entourant le procès en Floride. «Le jury a parlé, c'est ainsi que notre système fonctionne», a déclaré le président. Il a tout de même estimé que les lois locales, comme la loi «Stand Your Ground» en Floride, méritaient d'être examinées.

M. Obama a affirmé qu'il serait «utile d'examiner certaines lois municipales et étatiques pour voir si elles sont conçues d'une telle façon qu'elles pourraient encourager le genre de confrontation» qui a mené à la mort de Trayvon Martin. Il s'est demandé si des lois qui envoient le message qu'une personne armée «a le droit d'utiliser ses armes même s'il y a un moyen d'échapper à la situation» permettaient vraiment d'assurer la paix et la sécurité que les citoyens souhaitent.

Le président s'est aussi demandé si Trayvon Martin, s'il avait été armé, aurait pu lui aussi tirer sur George Zimmerman parce qu'il se sentait menacé d'être suivi.

C'est la première fois que M. Obama s'exprime sur cette affaire depuis l'acquittement du surveillant de quartier, samedi. George Zimmerman a toujours maintenu avoir agi en légitime défense quand il a tiré sur l'adolescent de 17 ans.

Le procureur général et ministre de la Justice, Eric Holder, a indiqué que le département avait ouvert une enquête pour déterminer si George Zimmerman avait enfreint les droits civils de Trayvon Martin.

Barack Obama, qui avait déjà déclaré que s'il avait eu un fils, il aurait ressemblé à Trayvon, a établi un lien encore plus personnel vendredi. «Trayvon Martin, ça aurait pu être moi il y a 35 ans», a-t-il dit.

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