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Les évacués de Lac-Mégantic nagent dans l'incertitude

18/07/2013 05:22 EDT | Actualisé 17/09/2013 05:12 EDT

LAC-MÉGANTIC, Qc - Jusqu'à dimanche dernier, Jacques Audet passait ses nuits sur un lit de camp installé à la polyvalente Montignac, qui a été transformée en refuge temporaire pour les évacués de la tragédie de Lac-Mégantic. Il demeure maintenant dans une maison mobile située derrière l'établissement scolaire.

M. Audet est l'une des 187 personnes qui n'ont toujours pas obtenu le feu vert pour réintégrer leur domicile du centre-ville, près de deux semaines après le déraillement ferroviaire qui a ravagé la petite municipalité de 6000 habitants.

«La douche est agréable», lance en souriant l'homme de 59 ans, debout devant ses nouveaux quartiers. «Je n'ai pas tant de besoins que ça. J'ai l'habitude de vivre dans un endroit restreint.»

Avant la série d'explosions qui a complètement défiguré le centre-ville, Jacques Audet habitait dans un petit logement situé au-dessus d'une entreprise de pompes funèbres. Il a constaté que son domicile avait été relativement épargné lorsqu'il s'y est présenté la semaine dernière afin de récupérer des vêtements et des documents.

En tout, quelque 2000 personnes ont été forcées de quitter leur domicile après le déraillement. La vaste majorité a pu rentrer au bercail. Mais pour ceux qui n'ont pas eu cette chance, l'avenir est incertain.

Les responsables estiment qu'il faudrait peut-être compter des jours, des mois, voire des années, avant que ces gens puissent réintégrer leur domicile.

Une vingtaine de personnes ont été délocalisées dans des motels, des unités de logement ou des maisons mobiles, comme Jacques Audet.

«Nous avons tenté de relocaliser ces gens pour leur permettre d'avoir plus d'intimité», explique Carl Boisvert, porte-parole de la Croix-Rouge. «C'est évident que dormir dans une école secondaire avec d'autres personnes peut être difficile.»

D'autres ont été plus chanceux et n'ont pas eu à trouver refuge à l'école secondaire.

Geneviève Latulipe a quitté en trombe son appartement avec son bébé de 10 mois à la suite de l'explosion. Elle a depuis été hébergée par des amis.

«C'était assez effrayant, mais je pense que je fais partie des chanceuses. Avec le bébé, je suis heureuse d'avoir eu une autre option», a-t-elle expliqué.

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