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Des soldats indiens ouvrent le feu contre des manifestants au Cachemire: 4 morts

18/07/2013 10:49 EDT | Actualisé 17/09/2013 05:12 EDT

SRINAGAR, Inde - Les forces gouvernementales dans la partie indienne du Cachemire ont abattu, jeudi, quatre villageois et ont blessé 25 autres personnes qui protestaient contre la profanation alléguée du Coran par des gardes frontaliers, a annoncé la police.

Les violences, qui surviennent lors du Ramadan, le mois saint des musulmans, pourraient provoquer d'autres manifestations dans cette région himalayenne disputée. Des groupes séparatistes qui rejettent la souveraineté indienne sur la région ont appelé à trois jours de grève et de manifestations à partir de vendredi.

Les manifestants accusent les soldats indiens qui gardent la frontière d'être entrés dans une école coranique à la recherche d'extrémistes mercredi soir à Dharam, un village situé à 220 kilomètres au sud de Srinagar, la principale ville du Cachemire indien.

Le directeur de l'établissement, Qari Shabir, a déclaré que les soldats avaient déchiré des pages dans plusieurs exemplaires du Coran après avoir battu le gardien de l'école.

Alors que des milliers de villageois se dirigeaient vers l'école jeudi pour protester contre la profanation alléguée du Coran, les forces gouvernementales indiennes ont ouvert le feu pour les freiner, blessant plusieurs personnes, selon M. Shabir.

Quand la foule s'est dispersée, des responsables civils et policiers se sont rendus dans le village pour tenter d'apaiser la colère des citoyens, a-t-il poursuivi.

Des milliers de personnes provenant d'autres villages sont alors arrivées et se sont jointes aux manifestants. La foule a recommencé à marcher, ce qui a provoqué un affrontement avec les forces gouvernementales, qui ont de nouveau ouvert le feu, selon M. Shabir.

«Nous protestions contre la profanation de notre livre sacré et plutôt que de dénoncer ce geste haineux, ils nous ont tiré dessus», a-t-il dit.

Quatre villageois ont été tués et 25 autres ont été blessés, selon un policier, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à s'adresser aux médias.

Le gouvernement indien a ordonné l'ouverture d'une enquête. Des groupes de défense des droits de la personne soulignent toutefois que ces enquêtes mènent rarement à des accusations et qu'elles servent surtout à apaiser la colère populaire.

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