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Le Mandela Day et l'Afrique du Sud célébrés en chantant à Brazzaville

18/07/2013 09:25 EDT | Actualisé 18/07/2013 09:25 EDT
AFP

BRAZZAVILLE - Le Mandela Day et l'Afrique du Sud ont été mis jeudi au coeur du Festival panafricain de Musique (Fespam) qui s'est ouvert lundi à Brazzaville, dédiant le 18 juillet au héros de la lutte contre l'apartheid.

A l'entrée principale de la salle des conférences internationales du Palais des congrès de la capitale congolaise, une tente blanche a été installée, indiquant "Celebrating South Africa".

Sous la tente, un salon orné de fauteuils en cuir accueille curieux et visiteurs qui passent quelques minutes, suivant sur un écran plasma un orchestre de musique traditionnelle exclusivement sud africaine avec l'orchestre Zindala Zombili. Sur une petite table en verre sont déposées des brochures dédiées à Nelson Mandela, l'ancien président sud-africain qui fête jeudi ses 95 ans sur un lit d'hôpital de Pretoria et dont la santé s'améliore.

Musicologues, musiciens, ethnologues, intellectuels et autres acteurs s'apprêtaient à clore le symposium scientifique du Festival.

"Quand on parle de l'Afrique du Sud la figure emblématique, c'est bien sûr Mandela. Au symposium, il était normal qu'on le mette en exergue à travers les images et quelques évocations", a commenté à l'AFP Charles Binam Bikoi, secrétaire exécutif du Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et langues africaines (Cerdotola).

"Mandela c'est l'Afrique combattante et combative. C'est l'Afrique debout ; l'Afrique de l'espoir et de l'espérance. Ce n'est pas l'Afrique qui, a contrario, courbe l'échine et fonctionne sur un ordre venu d'ailleurs", observe-t-il serein.

Jeudi soir les artistes venus au Fespam (13-20 juillet) ont décidé de se retrouver au stade Félix Eboué, le plus grand site des spectacles, pour ne chanter que des chansons sur Mandela. Pendant les années de l'apartheid, les musiciens congolais ont souvent dénoncé le système de ségrégation mis en place par Pretoria.

"En 1982 j'avais sorti un album intitulé Soweto pour soutenir les peuples noirs d'Afrique du sud. Quelque temps après j'étais invité à un symposium au Zimbabwe. J'avais eu une longue escale à Johannesburg avec la peur au ventre. Heureusement, tout s'était bien passé pour moi", se souvient le chanteur congolais Clotaire Kimbolo, alias Kim Douley.

"C'est une meilleure façon pour les musiciens de lui rendre un grand hommage", a estimé Abdourahamane Diallo, représentant de l'Unesco à Brazzaville.

"Le nom Mandela renvoie à la paix, à la résistance, à l'engagement et à l'intégrité", commente-t-il. Pour M. Diallo "c'est un des grands hommes vivants de l'histoire. C'est un homme universel".

Madiba est hospitalisé depuis six semaines pour une récidive de l'infection pulmonaire, qui régulièrement le ramène à l'hôpital et qui provient sans doute de la tuberculose contractée au cours de ses années de prison. Pour l'universitaire congolais Grégoire Lefouoba "cela fait une souffrance pour le héros". "Quel que soit l'âge de son père on souhaiterait toujours le voir en vie. C'est ce que ressent l'humanité pour Mandela", ajoute-t-il.

En 1991, quelques mois seulement après sa libération, Nelson Mandela s'était rendu à Brazzaville où il avait rencontré le président congolais Denis Sassou Nguesso. "Mandela était venu chercher de quoi aider ses partisans dans la lutte contre l'apartheid qui, à l'époque, vivaient encore en exil", s'est souvenu un opposant au régime de Brazzaville qui a souhaité garder l'anonymat.

En 1986 et 1987, Sassou Nguesso, alors président en exercice de la défunte Organisation de l'unité africaine (OUA) avait initié le Fonds Africa pour venir en aide aux peuples noirs opprimés sous le régime de l'apartheid. En 1987, la capitale congolaise avait abrité un colloque des écrivains contre l'apartheid.

Mais une polémique avait éclaté en 2009 quand M. Sassou avait publié un livre dédié à "son ami Mandela" et agrémenté d'un avant-propos présenté comme une préface spécialement écrite pour l'ouvrage alors qu'il s'agissait d'un discours prononcé au Cap en 1996. La Fondation Mandela avait protesté.

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