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La compagnie ferroviaire MMA a mis à pied une vingtaine d'employés au Québec

17/07/2013 11:00 EDT | Actualisé 16/09/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le syndicat des Métallos confirme que la compagnie Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), qui exploitait le train à l'origine de la catastrophe de Lac-Mégantic, a mis à pied 19 de ses quelque 75 employés au Québec.

Les employés ont reçu l'avis mardi mais le syndicat dénonce la façon cavalière de procéder de l'employeur, ce dernier n'ayant fait parvenir aucun préavis aux 17 syndiqués et deux cadres qui ont simplement été avisés de ne plus se présenter au travail sans autre explication.

Une porte-parole au siège social de la compagnie à Chicago a indiqué à La Presse Canadienne que le président de MMA, Edward Burkhard, a annoncé des mises à pied à Farnham, en Montérégie, et dans le Maine. Elle a précisé que ces mises à pied sont attribuables à l'interruption de service à Lac-Mégantic et que les employés seront réembauchés.

Le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy, conteste cette prétention; il soutient au contraire que l'entreprise a mis à pied des employés chargés de l'inspection et de l'entretien du matériel roulant et de la voie ferrée sur des lignes qui sont toujours en activité.

«Il y a 13 des employés qui sont directement liés aux opérations; des conducteurs de train, des opérateurs de machinerie, un mécanicien, trois ingénieurs. Certains sont en charge de l'entretien de la voie et, déjà, les gens avaient des longues journées de travail», a indiqué M. Roy.

Selon lui, MMA a toujours fait le strict minimum requis par la réglementation en matière de sécurité, une situation qui ne risque guère de s'améliorer avec des réductions de personnel.

«Il y a de la colère chez nos membres. Ils disent qu'ils étaient déjà au minimum en termes d'employés et en réduisant la force ouvrière de 19 personnes, certains de nos membres croient qu'il va y avoir des situations encore plus dangereuses au niveau de la sécurité sur les chemins de fer que MMA opère», a-t-il dit.

Le syndicaliste ne ménage d'ailleurs pas ses mots quant aux façons de faire de MMA en matière de sécurité et à la complaisance du gouvernement fédéral.

«C'est une compagnie qui opérait au minimum. Une compagnie privée qui séparait les sous en plusieurs pièces pour tenter de faire plus d'argent, qui appliquait les règles de sécurité au minimum — sans être illégale — avec la bénédiction de Transports Canada. Il est là tout le problème. On était beaucoup plus près du minimum que les autres entreprises ferroviaires», a-t-il dit.

Daniel Roy ne se montre pas plus tendre quant à la manière dont le transporteur ferroviaire traite ses employés. «La compagnie n'a jamais rencontré nos membres. Il n'y a eu aucune communication pour les aider à tous égards, répondre à leurs besoins», lance-t-il.

Il précise que c'est plutôt le syndicat des Métallos qui a fourni des ressources de soutien aux membres pour les aider dans ces moments où plusieurs sont en détresse à la suite des événements de Lac-Mégantic.

«Nos membres sont en maudit après cette compagnie-là. La compagnie se comporte de façon fort cavalière, se cache. Ils se sentent complètement laissés pour compte», dit le représentant syndical.

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