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La Banque du Canada maintient son taux directeur à un pour cent

17/07/2013 10:06 EDT | Actualisé 16/09/2013 05:12 EDT

OTTAWA - La Banque du Canada s'en tient essentiellement au même scénario qu'avant avec le nouveau gouverneur Stephen Poloz, maintenant la tendance du taux directeur très bas à un pour cent et déclarant que la détente monétaire demeurerait d'ici à ce que les conditions s'améliorent suffisamment.

Certains analystes s'étaient attendus à ce que la première annonce de politiques depuis l'entrée en fonctions de M. Poloz, le 1er juin, soit l'occasion d'emprunter une autre voie que celle de son prédécesseur Mark Carney, mais le discours était sensiblement le même.

«Tant que l’économie canadienne affichera une marge importante de capacités inutilisées, que les perspectives en matière d’inflation resteront faibles et que l’évolution des déséquilibres dans le secteur des ménages continuera d’être constructive, la détente monétaire considérable en place actuellement demeurera appropriée», a fait valoir le gouverneur en conférence de presse, mercredi.

«Au fil du temps, à mesure que la normalisation de ces conditions s’opérera, on peut s’attendre aussi à une normalisation graduelle du taux directeur, de façon à atteindre la cible d’inflation de 2 pour cent.»

La Banque du Canada a revu à la hausse la croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut (PIB) pour cette année. L'institution estime qu'elle sera de 1,8 pour cent et non 1,5 pour cent, tel que prévu précédemment.

Cette situation est essentiellement attribuable aux résultats du premier trimestre, beaucoup plus solides qu'anticipés, précise la banque.

La croissance annuelle moyenne du PIB devrait s’établir à 1,8 pour cent en 2013 et à 2,7 pour cent en 2014 et en 2015, poussée vers le haut grâce à «des conditions financières très expansionnistes», précise le communiqué de l'institution.

La Banque du Canada continue néanmoins d'anticiper que l'économie canadienne ne reviendra pas à sa pleine capacité avant le milieu de l'année 2015.

La prochaine date d'établissement du taux cible du financement à un jour est prévue le 4 septembre prochain.

L'économiste en chef de la CIBC Avery Shenfeld a dit croire que les marchés avaient misé sur un changement des taux dans un avenir plus rapproché que les réelles intentions de la banque centrale. Selon lui, un certain nouveau langage de M. Poloz établit avec plus de clarté que les bas coûts d'emprunt sont là pour rester un bon moment.

«Ils ont en fait décidé de clarifier sous quelles conditions les politiques allaient commencer à se resserrer», a fait valoir M. Shenfeld.

Guy Phaneuf, directeur général des marchés monétaires chez BMO Nesbitt Burns, a soutenu que la Banque du Canada peut difficilement faire autrement étant donné le peu d'inflation et les quelques signes d'essoufflement de l'économie canadienne.

M. Phaneuf entrevoit une stabilité des taux pour au moins un an, et probablement jusqu'à la mi-2015. Et même, il croit que le Canada ne songera à hausser les taux que lorsque les États-Unis montreront des signes en ce sens.

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