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Inde: 22 écoliers meurent d'un empoisonnement alimentaire

17/07/2013 09:58 EDT
AFP

PATNA - Vingt deux écoliers indiens ont succombé à une intoxication alimentaire dans l'Etat pauvre du Bihar et trente étaient toujours hospitalisés mercredi, un drame qui a déclenché la colère des habitants.

Vingt enfants décédés mardi, âgés de 4 à 10 ans, ont été inhumés mercredi matin près de leur école, un établissement public du village de Masrakh, dans la région du Saran.

"Après 21 décès, nous venons d'apprendre qu'un autre enfant est décédé en cours de traitement", a déclaré à l'AFP le secrétaire à la Santé de l'État, Vyas Ji, alors que les soupçons se portent sur la présence probable d'insecticide dans les aliments.

Trente enfants restaient hospitalisés mercredi dans différents hôpitaux de cet Etat, le plus peuplé de l'Inde et considéré également comme le plus pauvre, où l'inflation a rendu indispensables les repas gratuits pour les indigents malgré des conditions sanitaires souvent déplorables.

Le drame a déclenché la colère des habitants de Chhapra, la principale ville du Saran, où des centaines de personnes ont brisé les vitres de cars scolaires et saccagé un poste de police mardi soir.

Les manifestants demandaient "des mesures fermes contre les fonctionnaires responsables" selon eux de la mort des enfants, a déclaré un responsable local, S.K. Mall.

Les élèves avaient à leur menu un plat de riz et de lentilles préparé dans l'école même.

Des repas sont fournis gratuitement aux élèves issus de familles démunies dans les écoles publiques de la plupart des 29 Etats indiens.

Les premiers éléments de l'enquête ont révélé la présence probable de phosphate contenu dans un insecticide, selon Amarjeet Sinha, un fonctionnaire du gouvernement local.

La cause des décès serait un empoisonnement pour lequel les malades sont traités à l'atropine, un antidote généralement utilisé contre les effets des gaz neurotoxiques, a-t-il ajouté.

"Mes enfants étaient partis à l'école pour apprendre. Ils sont revenus à la maison en pleurant et en disant qu'ils avaient mal", a témoigné un père bouleversé interrogé par la chaîne de télévision NDTV.

"Je les ai pris dans mes bras, mais ils n'arrêtaient pas de pleurer en se plaignant de souffrir de maux de ventre terribles".

Le chef du gouvernement du Bihar, Nitish Kumar, a ordonné l'ouverture immédiate d'une enquête et annoncé qu'une équipe d'experts en médecine légale avait été dépêchée.

Selon des habitants de Masrakh cités par la presse, de l'huile de moutarde contaminée, fort odorante, utilisée pour cuisiner, pourrait également être en cause.

"Les enquêteurs examinent des échantillons du repas et des vomissures des victimes. Seules les conclusions finales de l'enquête prévaudront", selon Amarjeet Sinha.

Le gouvernement du Bihar s'est engagé à verser 200 000 roupies aux familles des victimes.

Les éducateurs et les enseignants estiment que la gratuité des repas permet d'accroître l'assiduité des écoliers indiens.

Mais les intoxications alimentaires dans les écoles sont fréquentes en raison d'un niveau d'hygiène trop faible dans les cuisines de ces établissements et, parfois, de la mauvaise qualité de la nourriture qui y est servie.

L'an dernier, plus de 130 élèves avaient dû être hospitalisés à Pune (ouest) après une intoxication alimentaire. Une enquête a révélé que leur repas avait été contaminé par la bactérie E.Coli.

Les prix alimentaires flambent depuis six ans en Inde, aggravant le quotidien de 455 millions d'Indiens vivant, selon la Banque mondiale, sous le seuil de pauvreté.

Le gouvernement indien a approuvé début juillet par décret un vaste programme d'aide alimentaire pour les plus défavorisés, une mesure longtemps reportée et annoncée à un an d'élections générales par un pouvoir qui tente de redorer son blason.

Ce programme devrait être le plus vaste au monde, avec une aide alimentaire destinée à près de 70% de la population, soit plus de 800 millions d'habitants. Il garantit un approvisionnement mensuel compris entre 3 et 7 kg de céréales par personne, en fonction des niveaux de revenus de chacun.