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Bulgarie: Un an après l'attentat anti-israélien l'auteur reste inconnu, le Hezbollah pointé du doigt

17/07/2013 01:15 EDT | Actualisé 15/09/2013 05:12 EDT

Un an après l'attentat anti-israélien le 18 juillet 2012 en Bulgarie, qui a fait six morts, son auteur, décédé dans l'explosion de la bombe, reste inconnu, mais les autorités bulgares soupçonnent le mouvement chiite libanais Hezbollah, lié à l'Iran.

Un monument à la mémoire des victimes de l'attentat sera inauguré jeudi à l'aéroport de Bourgas (est), en présence du Premier ministre de centre gauche, Plamen Orecharski, et des familles des victimes.

L'attentat sera évoqué le jour de son anniversaire jeudi lors d'une réunion des ambassadeurs des pays membres auprès de l'Union européenne en vue de placer ou pas la branche armée du Hezbollah sur la liste des "organisations terroristes".

"La Grande-Bretagne a demandé que le sujet soit débattu à la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE" le 22 juillet à Bruxelles, sur la base de nouvelles informations transmises par Londres, indique-t-on de sources proches du dossier. "Nous avons souhaité que la décision ne soit pas prise uniquement sur la base de l'attentat à Bourgas", a déclaré le chef de la diplomatie bulgare, Kristian Viguenin. "Il s'agit d'une investigation très difficile qui durera".

La Bulgarie est le premier pays de l'UE où un attentat anti-israélien a été commis. Toutefois, à Chypre, un Libanais, membre du Hezbollah, a été condamné fin mars à quatre ans de prison pour avoir participé à la préparation d'attaques contre des intérêts israéliens.

"L'ex-gouvernement conservateur bulgare avait formulé en février "une supposition fondée" d'implication du Hezbollah, sur la base "d'informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux" complices de l'auteur de l'attentat. Le nouveau ministre socialiste des Affaires étrangères, Kristian Viguenin, avait estimé en juin que "les preuves ne sont pas catégoriques bien qu'il y ait des indices indirects et des traces indirectes".

Il a cependant souligné le 13 juillet que le nouveau gouvernement en place depuis fin mai "n'avait pas besoin de corriger la position" de l'ancien et "retient la formule de +supposition fondée+".

Le ministre de l'Intérieur, Tsvetlin Yovtchev, a fait état le 16 juillet de "progrès acquis sur la base de données reçues de partenaires étrangers, qui confirment la thèse" d'implication du Hezbollah. Au quotidien "24 tchassa" , il a cependant admis que "l'identité de l'auteur de l'attentat n'est pas établie, ce qui entrave l'investigation".

L'auteur de l'attentat, qui a résidé en Bulgarie avec un faux permis de conduire américain au nom de Jacque Felipe Martin, avait été filmé par les caméras de l'aéroport. L'explosion s'est produite alors qu'il avait déposé un sac dans un des trois autobus devant transporter les touristes israéliens de l'aéroport à leur hôtel. Cinq d'entre eux ont été tués, ainsi qu'un chauffeur bulgare de car, et une trentaine ont été blessés.

Israël a immédiatement accusé Iran comme commanditaire, ce que Téhéran a véhémentement démenti, et le Hezbollah comme exécutant de l'attentat.

L'attentat ayant été reconstitué en avril, les investigateurs estiment que l'auteur n'était pas un kamikaze, mais que l'explosif s'était déclenché par erreur ou avait été déclenché à distance.

La diffusion par Interpol du portrait-robot de cet homme d'environ 25 ans, à peau blanche et aux yeaux clairs, ainsi que ses empreintes digitales et ADN, n'ont pas permis son identification.

Par contre, deux complices présumés, qui ont résidé en Bulgarie sous les faux noms de Ralf William Rico et Brian Jameson, ont été identifiés. Le Canada et l'Australie ont fourni à la Bulgarie des informations qui ont permis de remonter à leur financement par le Hezbollah, selon l'ex-ministre conservateur de l'Intérieur, Tsvetan Tsvetranov. Ils étaient étudiants en ingéniérie au Liban, âgés entre 26 et 33 ans ,et avaient la double nationalité libano-canadienne et libano-australienne.

L'enquête bulgare n'a reçu que récemment un procès-verbal des interrogatoires en Israël des témoins israéliens, selon le procureur de Bourgas, Kalina Tchapkanova. Les blessés et la plupart des autres témoins israéliens avaient été vite reconduits dans leur pays sans être interrogés en Bulgarie.

La Bulgarie et Israël entretiennent des rapports politiques intenses, la Bulgarie étant le seul ex-allié de l'Allemagne nazie à ne pas avoir livré ses 48.000 juifs aux camps de la mort. Par contre, la Bulgarie admet sa responsabilité dans la livraison à l'extermination de 11.343 juifs des territoires occupés de Grèce, de Macédoine et de Serbie, alors administrés par Sofia.

vs/pfe/Mpd

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