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Syrie : un afflux de réfugiés inédit depuis le génocide rwandais, dit l'ONU

16/07/2013 06:06 EDT | Actualisé 15/09/2013 05:12 EDT

Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, a déclaré que les deux-tiers des 1,8 million de réfugiés recensés par l'ONU ont fui la Syrie cette année.

Le nombre de personnes fuyant la guerre civile en Syrie atteint une moyenne de 6000 réfugiés par jour en 2013, soit un niveau jamais vu depuis le génocide commis au Rwanda en 1994.

« Nous n'avions pas vu un afflux de réfugiés augmenter à un rythme aussi effrayant depuis le génocide au Rwanda il y a près de 20 ans », a-t-il déclaré lors d'une séance d'information consacrée à la Syrie devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Le conflit rwandais entre les Tutsis et les Hutus avait fait quelque 800 000 morts et des milliers de réfugiés.

De son côté, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les droits de l'homme, Ivan Simonovic, a indiqué qu'entre mars 2011 et avril 2013, près de 93 000 personnes ont été tuées en Syrie dont plus de 6500 enfants.

Valerie Amos, coordinatrice de l'aide d'urgence à l'ONU, a estimé que le monde assistait « non seulement à la destruction d'un pays, mais aussi à celle d'un peuple ».

« Les conséquences sécuritaires, économiques, politiques, sociales, humanitaires et de développement de cette crise sont extrêmement graves et son impact humain impossible à mesurer en terme de traumatisme à long terme et de conséquences émotionnelles sur cette génération de Syriens et sur les suivantes », a-t-elle dit.

Valerie Amos a précisé que 6,8 millions de Syriens ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, dont 4,2 millions qui ont été déplacés sur le territoire syrien. La moitié de ces personnes sont des enfants.

Une évaluation du Programme alimentaire mondial indique que quatre millions de personnes ne peuvent plus subvenir à leurs besoins alimentaires de base.

On compte plus de 600 000 réfugiés au Liban, 160 000 en Irak, 90 000 en Égypte et un million en Turquie et Jordanie, a dit Gutteres. 

Les Syriens faisant des stocks de nourriture seront punis

La télévision d'État syrienne a rapporté mardi que le gouvernement a approuvé un projet de loi sanctionnant les personnes faisant des stocks de nourriture.

« Un projet de loi pénalisant [les personnes] qui augmentent les prix de la nourriture ou qui font des stocks (...) a été approuvé » par le gouvernement, a affirmé la télévision. Les peines vont « d'une amende à une peine de prison en fonction du crime commis », a-t-elle précisé.

La Syrie, ravagée depuis plus de deux ans par deux ans d'un conflit sanglant, connaît une crise alimentaire.

Certains commerçants syriens essaient de profiter de la guerre en faisant des stocks de produits alimentaires pour pouvoir ensuite les revendre à des prix plus élevés.

« Il n'y a pas de différence (...) entre ceux qui portent des armes pour tuer des gens et ceux qui empêchent les autres de vivre en extorquant de l'argent », a déclaré le ministre syrien de l'Industrie, Adnane Abo Sekhni, selon des propos rapportés par l'agence officielle Sana.

Selon les médias officiels, les prix des produits de base ont grimpé de 300 % ces derniers mois, mais les habitants font état d'une hausse de 400 % sur les seules dernières semaines.

En réponse aux pénuries, le gouvernement a décidé en juillet d'interdire les exportations de nourriture, affirmant qu'il poursuivrait toute personne prise en train de faire de la contrebande.

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