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Sécurité ferroviaire: des maires veulent une rencontre avec Lisa Raitt

16/07/2013 11:47 EDT | Actualisé 15/09/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les maires de sept municipalités de la Montérégie et de l'Estrie où roulent des convois de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) Railway veulent «forcer la main» de la nouvelle titulaire de Transports Canada «pour que des gestes soient posés» en matière de sécurité ferroviaire.

Dans la foulée du déraillement mortel survenu à Lac-Mégantic, les premiers magistrats des villes de Sherbrooke, Saint-Jean-sur-Richelieu, Cowansville, Sutton, Farnham et Magog ont demandé une rencontre avec la ministre Lisa Raitt d'ici la fin du mois afin de s'attaquer à cet épineux dossier.

«Je ne suis pas un ingénieur, mais dans le cas de la MMA, on sait que le réseau est déficient parce qu'il a manqué d'entretien et de réparations. Et nous, on demande au gouvernement fédéral de jouer son rôle, c'est-à-dire le rôle d'imposer son cadre réglementaire et de procéder à une inspection immédiate des infrastructures de la compagnie MMA», a affirmé mardi le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.

Le transport ferroviaire étant de juridiction fédérale, les municipalités n'ont pas le pouvoir de demander des investissements aux entreprises, et encore moins de décréter unilatéralement un arrêt des activités.

Elles ont donc l'intention d'unir leurs forces en mettant sur pied un comité de travail qui regrouperait l'Union des municipalités du Québec (UMQ), la Fédération québécoise des municipalités (FQM), la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et divers experts.

Leur mandat serait de se pencher sur diverses questions ayant été soulevées au cours des derniers jours.

«Est-ce que l'on devrait retirer de façon graduelle les wagons-citernes DOT-111? Est-ce qu'on devrait exiger au moins deux ingénieurs à bord d'un train qui transporte des matières dangereuses? Il y a plusieurs questions de ce type-là, et on ne veut pas le faire sur le coup de l'émotion, on veut le faire de façon organisée et structurée», a exposé le maire Sévigny.

Les élus néo-démocrates de la région ont indiqué mardi qu'ils comptaient exiger du fédéral qu'il suspende «sur-le-champ la dérogation qui permet à la Montreal, Maine & Atlantic d'opérer avec un équipage d'un seul ingénieur» et qu'il oblige les compagnies à informer les municipalités du transit de matières dangereuses sur leur territoire.

Le Nouveau Parti démocratique a également demandé le retrait graduel des wagons DOT-111 pour le transport de matières dangereuses et a dit vouloir consulter «tous les audits» sur les activités de la MMA.

«S'il est démontré que ses mesures de sécurité sont inadéquates, le gouvernement doit suspendre immédiatement le permis de la compagnie», a plaidé par voie de communiqué Tarik Brahmi, député de la circonscription de Saint-Jean, en Montérégie.

Et à ceux qui préconisent carrément un moratoire sur les activités ferroviaires de MMA en attendant les résultats des diverses enquêtes menées par les autorités, M. Sévigny rappelle que d'importants enjeux économiques sont reliés au transport ferroviaire de marchandises dans la région.

«Il y a des villes et des communautés où des entreprises ne peuvent pas fonctionner sans le train, a-t-il fait valoir. Il y a des enjeux trop importants pour simplement réclamer l'arrêt des activités ferroviaires.»

Réuni en séance extraordinaire, le conseil municipal de Lac-Mégantic a adopté lundi matin une série de résolutions concernant le transport ferroviaire et le transport de matières dangereuses au centre-ville.

La petite ville de 6000 habitants demande entre autres au gouvernement du Canada, au gouvernement du Québec et à l'Office des transports du Canada «d'imposer à MMA le déplacement de sa voie ferrée vers le quartier industriel de la ville», ce qui est conforme aux souhaits exprimés la semaine dernière par la mairesse Colette Roy-Laroche.

En point de presse à Lac-Mégantic mercredi dernier, le président du conseil de la société-mère de MMA, Edward Burkhardt, s'était montré évasif lorsqu'il a été interrogé sur la possibilité que l'entreprise participe au montage financier de ce projet d'envergure.

«Nous aimerions travailler sur un plan à cet effet (la modification du tracé de la voie ferrée). Ce que nous pourrions faire sur le plan financier, je n'en suis pas certain», avait-il déclaré.

La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, qui était trop occupée sur le terrain, n'a pas assisté à la conférence de presse s'étant tenue à Cowansville. Elle a cependant affirmé lors d'un point de presse, mardi après-midi, qu'elle accordait son appui à cette démarche.

La semaine dernière, le conseil municipal de Farnham avait adopté à l'unanimité une résolution demandant à Transports Canada et à MMA «l'arrêt de la circulation tant que des vérifications ne seront pas effectuées par des autorités compétentes, à savoir l'état du rail, des locomotives et des cargaisons, et ce, avant que circule à nouveau un train sur le territoire de Farnham».

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