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Le président soudanais quitte le Nigeria pour échapper à son arrestation

16/07/2013 01:31 EDT | Actualisé 15/09/2013 05:12 EDT

ABUJA, Nigeria - Le président soudanais recherché par la Cour pénale internationale (CPI) a quitté le Nigeria, a indiqué son porte-parole mardi, après que des militants des droits de la personne eurent réclamé son arrestation en lien avec les accusations de génocide et de crimes de guerre au Darfour auxquelles il fait face.

Le porte-parole, Mohammed Moiz, a déclaré qu'Omar El-Béchir avait quitté le Nigeria afin d'honorer un autre engagement.

Selon M. Moiz, le président soudanais a quitté la capitale, Abuja, vers 15 h lundi, moins de 24 heures après son arrivée pour participer à un sommet de deux jours de l'Union africaine, qui prenait fin mardi.

Le journal nigérian «Vanguard» a rapporté que le président soudanais devait prononcer une allocution lundi après-midi dans le cadre du sommet, mais qu'il ne s'était pas présenté.

«L'impunité est terminée pour ce chef d'État soupçonné des pires crimes commis au Darfour», a commenté Elise Keppler, de l'organisation Human Rights Watch.

Des militants des droits de la personne avaient porté plainte lundi devant la Haute Cour fédérale du Nigeria afin de forcer le gouvernement à arrêter Omar el-Béchir. Un groupe militant avait également demandé à la CPI de référer le gouvernement nigérian au Conseil de sécurité de l'ONU pour avoir autorisé la visite sur son territoire du président soudanais.

Un porte-parole de la présidence nigériane, Reuben Abati, a déclaré à l'Associated Press qu'Omar el-Béchir était venu au Nigeria pour le sommet de l'Union africaine, et non à l'invitation du gouvernement. Il a précisé que le Nigeria avait accepté son entrée sur le territoire conformément aux instructions de l'Union africaine, qui a demandé à ses 53 membres de ne pas coopérer avec la CPI, que certains accusent de viser spécifiquement les dirigeants africains.

La CPI a indiqué avoir demandé lundi l'«arrestation immédiate» d'Omar el-Béchir par les autorités nigérianes. Le tribunal a souligné que le gouvernement du Nigeria pourrait être référé au Conseil de sécurité de l'ONU pour ne pas avoir exécuté un ordre de la CPI, dont le Nigeria est membre.

Un communiqué de la CPI diffusé mardi rappelle que deux mandats d'arrestation ont été émis contre le président soudanais, en 2009 et en 2010. Il fait face à cinq accusations de crimes contre l'humanité, deux accusations de crimes de guerre et trois accusations de génocide contre les tribus du Darfour.

Les violences se poursuivent dans cette vaste région de l'ouest du Soudan, où les tribus noires combattent les soldats fidèles au gouvernement à prédominance arabe d'Omar el-Béchir.

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