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Le Nigeria pressé d'arrêter le président soudanais, mis en accusation par la CPI

15/07/2013 01:07 EDT | Actualisé 14/09/2013 05:12 EDT

ABUJA, Nigeria - Des militants des droits de la personne ont demandé lundi à la Haute Cour fédérale du Nigeria d'émettre un mandat d'arrestation contre le président soudanais Omar el-Béchir, en visite au pays, afin qu'il soit arrêté et remis à la Cour pénale internationale (CPI) pour répondre des crimes commis au Darfour.

Dimanche, le Nigeria a déroulé le tapis rouge à Omar El-Béchir et lui a offert tous les honneurs militaires à son arrivée à Abuja, la capitale fédérale, dans le cadre d'un sommet sur la santé de l'Union africaine.

La CPI a accusé le président soudanais de plusieurs crimes graves au Darfour, notamment d'extermination, de transfert forcé de population, de torture et de viol. Il est le premier chef d'État africain en exercice à être mis en accusation par la cour.

Une organisation nigériane de défense des droits de la personne a envoyé une requête urgente à la CPI, lui demandant de référer le gouvernement nigérian au Conseil de sécurité de l'ONU pour ne pas avoir arrêté le président soudanais et ne pas l'avoir remis à la justice internationale afin qu'il soit jugé.

L'organisation Socio-Economic Rights and Accountability Project demande au président nigérian, Goodluck Jonathan, de «soutenir la demande de justice de la communauté internationale pour les victimes de génocide et de crimes de guerre».

Le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale au Nigeria, a réprimandé le gouvernement nigérian dans cette affaire. Le ministre britannique responsable de l'Afrique, Mark Simmonds, a exprimé sa «déception» et a estimé que l'inaction du Nigeria minait le travail de la CPI.

L'organisation américaine Human Rights Watch a par ailleurs entrepris de contacter des diplomates afin qu'ils accroissent la pression sur le gouvernement nigérian.

L'Afrique du Sud, le Malawi, l'Ouganda, le Kenya, la Zambie et la République centrafricaine ont déjà «clairement affirmé qu'Omar el-Béchir serait arrêté s'il venait sur leur territoire», a souligné l'avocat nigérian Chino Obiagwu, qui dirige également la Coalition nigériane auprès de la CPI.

Il a indiqué que la poursuite déposée lundi rappelait la responsabilité du gouvernement nigérian de «respecter ses obligations juridiques créées par les traités dans lesquels le Nigeria s'est engagé».

Le directeur du Socio-Economic Rights and Accountability Project, Adetokunbo Mumuni, a estimé que la non-arrestation du président soudanais par le gouvernement nigérian pourrait avoir «de lourdes ramifications» et mener à des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Nigeria est membre de la CPI et «a l'obligation juridique internationale de s'assurer que le pays ne devienne pas un refuge pour les auteurs allégués de crimes internationaux comme Omar el-Béchir», a-t-il souligné.

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