DIVERTISSEMENT

L'Événement JMP: 200 000 watts de rires (VIDÉO)

15/07/2013 05:54 EDT | Actualisé 15/07/2013 07:33 EDT

Sacré Jean-Marc Parent. Il n’y a que lui pour promettre à ses admirateurs un spectacle d’au moins quatre heures sans entracte… et pour en improviser les 120 premières minutes sans voir le temps filer. Et il est certainement le seul capable de faire entrer un système de son de 200 000 watts dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, et transformer ainsi l’endroit en immense discothèque.

L’Événement JMP est devenu une tradition au Festival Juste pour rire. Depuis maintenant six ans, Jean-Marc Parent convie son fidèle public à un marathon ininterrompu de rires, pendant lequel il s’adonne à ce qu’il sait faire de mieux : raconter des histoires du quotidien avec son inénarrable talent de conteur, entouré de quelques artistes savamment choisis.

L’édition 2013 du happening avait donc lieu samedi et dimanche. Connaissant bien l’humoriste et sa tendance à «défoncer» le temps qui lui est alloué, l’organisation de Juste pour rire avait cette année devancé d’une heure le début de la soirée, faisant démarrer celle-ci à 18h30, au grand étonnement de la tête d’affiche. «À un moment donné, je vais leur faire une surprise et je vais finir de bonne heure», a badiné Jean-Marc, en lever de rideau, dimanche, sans que personne ne le croie.

Et pour cause. Après près de deux heures d’anecdotes, l’homme a réalisé que les minutes s’égrenaient à une vitesse folle. Bien plus qu’il ne le pensait. «Il n’est pas déjà huit heures et quart?!» s’est-il exclamé, sincèrement estomaqué, sous les rires affectueux de la foule. Il était sur le point d’accueillir le trio Les Nanas Coustiques. «J’en suis au premier invité! Je pensais que ça faisait une demi-heure, trois quarts d’heure… Ça fait deux heures qu’on niaise! Vous le voyez que je ne suis pas bien? Vous le voyez que je suis schizophrène!»

Bobos et techno

On se demande effectivement à quelle cadence les idées se bousculent dans la tête de Jean-Marc pour que celui-ci soit capable de tenir un tel rythme, très exigeant, pendant si longtemps. Chose certaine, les spectateurs l’adorent. Introduit par une Nadja rayonnante, qui a craché la chanson d’ouverture avec aplomb, le comique a été reçu par une ovation debout. Le parterre avait hâte de retrouver son chouchou.

«On dirait que c’est un coup monté!» s’est exclamé l'humoriste, touché.

La vedette a enchaîné en taquinant les gens devant lui. S’inquiétant de voir deux enfants de huit et neuf ans dans la salle («Ils ne vont pas s’ennuyer, pendant quatre heures, avec mononcle?») et tirant joyeusement la pipe à un homme de 75 ans, Jean-Marc en a profité pour nous entretenir des petits bobos qui l’affligent depuis quelques années et de son angoisse de vieillir. Il a ensuite expliqué (après un long détour, évidemment imprévu) que c’est parce que son Mercedes Band est actuellement en tournée qu’il s’est payé le luxe du système de son de 200 000 watts, surplombé de DJ Abeille Gélinas, qui a assuré l’ambiance musicale de l’ensemble. Pour faire un test, la jeune femme a envoyé un air techno, pendant que la salle était balayée de rayons lumineux colorés. Le plancher et les murs en ont vibré.

Hilarants récits

Le monologue s’est ensuite poursuivi avec des clins d’œil aux mauvaises habitudes des Québécois au volant et à l’environnement, notre «nouvelle religion». Tous se sont écroulés de rire lorsque Jean-Marc a débité le récit de sa tentative d’enrayer une invasion de fourmis chez lui et la douleur engendrée par une blessure à son gros orteil. C’est bien connu, notre amuseur sait transformer en véritable suspense n’importe quelle banalité de tous les jours.

Évidemment, dès qu’il a réalisé que les secondes se bousculaient, JMP a quelque peu accéléré le tempo, et ses complices d’un soir se sont succédés sur scène. Les Nanas Coustiques nous ont servi leurs savoureuses chansonnettes humoristiques aux textes salés. Alex Douville a décortiqué l’art du sacre et a tourné en dérision sa propre apparence de mauvais garçon, lui dont les cheveux rasés, la barbe et le chandail d’Iron Maiden ne lui donnent pas exactement l’air d’un enfant de chœur. Nadja, Emanuelle Robitaille, de La voix, et Audrey Gagnon, finaliste féminine de Star Académie 2005 (et enceinte de cinq mois) sont venues respectivement interpréter du Beyoncé, du Shakira et du Adele, au grand bonheur de leur hôte. Le duo Ben et Jarrod a proposé une saynète impliquant un couple à la découverte de jouets sexuels. Et François Massicotte a offert un numéro de son prochain one man show.

L’auteure des ces lignes n’ayant pas l’endurance de Jean-Marc Parent (ni celle de son public, toujours captif au bout de trois heures trente), il était 22h10 lorsque nous avons quitté la Place des Arts, le cœur réjoui par l’énergie contagieuse de ce maître du punch. À n’en pas douter, si JMP n’existait pas, il faudrait l’inventer. Le 22 juillet prochain, Juste pour rire célébrera ses 25 ans de carrière au cours de son gala-hommage annuel. On a déjà hâte de voir les cadeaux qui attendent la bête de scène qui, à 51 ans, n’a visiblement pas fini de rugir.

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