NOUVELLES

À New York, des milliers de manifestants après l'acquittement de Zimmerman

14/07/2013 09:55 EDT | Actualisé 13/09/2013 05:12 EDT
AFP

NEW YORK - Des milliers de personnes ont manifesté dimanche soir à New York, au lendemain de l'acquittement très controversé en Floride d'un agent de sécurité, George Zimmerman, qui avait tué l'an dernier un adolescent noir.

De nombreux manifestants arboraient des pancartes avec le portrait de Trayvon Martin, l'adolescent tué à 17 ans.

Certains avaient choisi, en dépit de la canicule, de porter un sweatshirt à capuche en sa mémoire.

Les protestataires s'étaient réunis en début d'après-midi à Union square, dans le sud de Manhattan. Un cortège s'est ensuite formé en fin d'après-midi qui a remonté la 6e avenue vers le nord, sous forte surveillance policière.

Vers 20H00, ils étaient plusieurs milliers à marcher sur la 6e avenue, encadrés par un important dispositif policier.

"Le peuple dit +coupable+", scandaient les manifestants, certains venus en famille.

"Je suis consternée", confiait Carli VanVoorhis, une jeune coiffeuse de 21 ans. "Le gamin n'était pas armé, et l'homme avec l'arme à feu s'en sort. Si nous disons que ce n'était pas une question raciale, nous nous mentons à nous-même".

Dans la foule qui scande "pas de justice, pas de paix", de nombreux noirs, mais aussi des blancs et des hispaniques.

"Emprisonnez les racistes, pas les jeune noirs", peut-on aussi lire sur une pancarte. "Zimmerman est un terroriste" affirme une autre.

"Nous avons un gros problème racial, et nous avons un autre problème avec les armes à feu", explique un intervenant Rodney Rodriguez. "Si Zimmerman n'avait pas eu d'arme, il n'aurait pas pu tuer Trayvon Martin".

"Nous sommes tous Trayvon. Tout le système est coupable", affirment de nombreuses pancartes.

Dans la foule un manifestant porte un tee-shirt sur lequel est écrit "Je suis noir, s'il vous plaît ne tirez pas!".

"Nous sommes là parce que nous sommes en colère et nous sommes inquiets. Et nous voulions le dire de façon pacifique", explique Derreck Wilson, 46 ans, venu de Harlem avec un portrait en pied de l'adolescent. "C'est cathartique", ajoute-t-il.

"Nous avons tous les mêmes désirs", dit-il encore. "Je veux que mon fils puisse rentrer à la maison le soir".

Rhada Blank est elle aussi venue de Harlem avec des amies.

A l'énoncé du verdict, elle dit avoir envisagé de quitter les Etats-Unis. "Aujourd'hui, je ne me sens pas bien d'être Américaine, explique-t-elle.

"Les gens pensent qu'on a avancé, parce qu'Obama est devenu président. Mais ce verdict montre qu'on n'a pas dépassé la question raciale. Il nous reste un long chemin à faire", ajoute cette ancienne éducatrice qui écrit pour le théâtre.

"Le verdict montre les peurs qui existent toujours aujourd'hui. La peur du jeune noir", regrette-t-elle.

L'affaire Zimmerman a opposé depuis ses débuts ceux qui pensent que l'agent de sécurité de 29 ans -- dont le père est blanc et la mère Péruvienne -- a tué le jeune noir par racisme, et ceux qui sont convaincus qu'il s'agissait d'un cas de légitime défense.