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Le SCRS prévient les employés fédéraux des dangers qui les guettent en voyage

14/07/2013 05:50 EDT | Actualisé 13/09/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a avisé les représentants du gouvernement fédéral qu'ils pourraient être drogués, kidnappés ou victimes de chantage s'ils succombaient aux charmes d'un étranger ou d'une étrangère en voyage.

Selon le SCRS, les services de renseignement des autres pays voient les employés du fédéral comme des cibles de choix en raison des informations dont ils disposent. Il faut donc prendre des précautions pour éviter que des dossiers confidentiels ne se retrouvent entre de mauvaises mains.

Ce risque a poussé le SCRS à élaborer un guide spécial à l'intention des représentants du gouvernement afin de les prévenir de ne pas en dire trop aux chauffeurs de taxi, de ne pas laisser un ordinateur portable sans surveillance et même de ne pas ranger des documents secrets dans les coffrets de sécurité des hôtels.

La Presse Canadienne a obtenu une copie de ce guide publié en 2012 par le SCRS en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Dick Fadden, le directeur du SCRS, affirme dans le mot d'introduction de la publication que l'espionnage est aussi répandu actuellement que durant la Guerre froide et que le Canada est un chef de file dans les domaines des technologies et de l'énergie ainsi que dans d'autres secteurs de l'économie.

«Nous avons aussi des connections politiques privilégiées grâce à notre relation avec les États-Unis et à notre appartenance à des organisations internationales importantes», écrit M. Fadden, qui est récemment devenu sous-ministre la Défense. «Pour les services de renseignement, nous sommes une cible de choix.»

En cette ère de mondialisation, la prospérité du Canada dépend plus que jamais de sa réputation à l'international, ce qui veut dire que les Canadiens doivent de plus en plus s'aventurer à l'étranger. «La clé, c'est de le faire de manière sécuritaire et avec les yeux grand ouverts», note Dick Fadden.

Dans une lettre adressée en juin 2012 au ministre de la Sécurité publique de l'époque, Vic Toews, M. Fadden a déclaré qu'il prévoyait envoyer un exemplaire du guide à tous les sous-ministres du gouvernement de même qu'au chef de cabinet de M. Toews afin qu'ils partagent les renseignements avec leurs collègues.

Le guide prévient les voyageurs que les renseignements qu'ils fournissent pour des demandes de visa pourraient être utilisés pour évaluer leur valeur en tant que cible, ce qui signifie que seules les informations nécessaires doivent être données.

Il leur conseille également de dissimuler les étiquettes de leurs bagages, en plus de les aviser que leurs valises seront probablement fouillées durant leur périple et que, dans certains pays, ils feront l'objet d'une surveillance physique.

La publication demande aussi aux employés du fédéral de faire preuve de prudence en acceptant des cadeaux comme une clé USB, qui pourrait permettre à des gens d'avoir accès à leur ordinateur à distance.

De plus, le document met les représentants du gouvernement en garde contre les pièges que pourraient leur tendre des étrangers séduisants afin de les amener à avoir une relation sexuelle avec eux. Selon le guide, ces ébats pourraient être filmés et ensuite servir à faire chanter la victime ou être l'occasion pour le séducteur de droguer sa proie afin de mieux fouiller sa chambre d'hôtel.

Ironiquement, les plus récents problèmes en matière de sécurité ne sont pas déroulés à l'extérieur du pays mais en sol canadien.

ll y a cinq ans, Maxime Bernier a quitté le conseil des ministres de Stephen Harper après avoir reconnu qu'il avait laissé des documents confidentiels dans la résidence montréalaise de sa conjointe de l'époque, Julie Couillard, pendant plus d'un mois. La jeune femme s'était retrouvée au coeur d'un scandale politique lorsque ses liens passés avec des motards avaient été révélés au grand jour.

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