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Égypte: le chef de l'armée défend la décision d'écarter Morsi du pouvoir

14/07/2013 01:07 EDT | Actualisé 13/09/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le chef de l'armée égyptienne a déclaré dimanche que les militaires avaient agi conformément à la volonté du peuple en écartant du pouvoir le président Mohammed Morsi.

Le général Abdel-Fattah el-Sissi a fait ces commentaires, les premiers depuis la destitution de M. Morsi, alors que les partisans de ce dernier se préparent à tenir lundi une nouvelle série de manifestations afin d'exiger le retour du président déchu.

Dimanche, le procureur en chef de l'Égypte a également gelé les actifs de Mohammed Badie, le leader des Frères musulmans, et d'au moins 13 autres hauts dirigeants du groupe dont Mohammed Morsi est issu.

Toujours dimanche, le secrétaire d'État adjoint des États-Unis, William Burns, est arrivé au Caire pour un périple de deux jours durant lequel il rencontrera des membres du gouvernement intérimaire ainsi que de la société civile et du monde des affaires. Il s'agit de la première visite d'un représentant américain depuis que M. Morsi a été déposé.

Le renversement du premier président démocratiquement élu de l'Égypte le 3 juillet a été vivement critiqué par la communauté internationale, qui craint que cet incident ne nuise aux efforts du pays pour devenir une démocratie dans la foulée du soulèvement populaire qui a entraîné la chute du leader autocratique Hosni Moubarak en 2011.

M. El-Sissi a déclaré que le Conseil suprême des forces armées avait respecté les résultats de l'élection de 2012, qui avait permis à Mohammed Morsi d'accéder au pouvoir avec une faible majorité, et avait essayé de se tenir loin de la scène politique. Mais il a affirmé que les militaires n'avaient pu rester à l'écart alors que des millions d'Égyptiens manifestaient pour exiger la démission du leader islamiste, soupçonné d'abuser de son pouvoir.

Par ailleurs, le président par intérim de l'Égypte, Adly Mansour, a fait prêter serment dimanche au nouveau vice-président intérimaire, le réformiste Mohammed El-Baradei, renforçant ainsi le rôle des progressistes au sein du gouvernement.

M. El-Baradei s'est affirmé comme l'un des chefs du mouvement d'opposition contre Mohammed Morsi. L'homme de 71 ans, qui a reçu le prix Nobel de la paix pour son travail à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique, est revenu en Égypte il y a deux ans pour participer au renversement de Moubarak.

Dimanche, toujours, la violence a augmenté dans la péninsule du Sinaï. Peu de temps après minuit, des militants ont tiré un missile contre un véhicule de police blindé au sud d'el-Arish, la capitale du Sinaï du Nord, touchant un autobus transportant des travailleurs d'une cimenterie, ont indiqué des responsables. Trois d'entre eux ont été tués et 16 autres blessés, y compris trois blessés graves, selon des responsables médicaux.

D'autres responsables de la sécurité ont également mentionné que des militants avaient fait sauter un poste de police en construction dans le centre du Sinaï, faisant un blessé grave.

Des groupes de militants multiplient les actes de violence depuis le renversement, par l'armée, du président Morsi, ciblant des postes de police et des points de contrôle, en plus de s'engager à expulser l'armée de la région.

Au cours des 10 derniers jours, au moins huit responsables de la sécurité ont été tués. Les chrétiens de la région ont également été pris pour cible. Deux d'entre eux ont d'ailleurs été assassinés, dont un prêtre.

Enfin, un gazoduc se dirigeant vers la Jordanie a été visé par un attentat.

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