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Procès Zimmerman: le jury fait part de ses doutes d'homicide

13/07/2013 09:28 EDT | Actualisé 12/09/2013 05:12 EDT
AP

MIAMI - Le jury qui décidera du sort de George Zimmerman, accusé du meurtre du jeune Noir Trayvon Martin en 2012 en Floride, a brièvement interrompu ses délibérations samedi soir pour faire part par écrit à la cour de ses doutes quant à l'accusation d'homicide, dans ce procès sensible qui passionne l'Amérique.

Après près de 11 heures de délibération, les six membres du jury ont envoyé une note écrite pour demander une clarification sur l'accusation d'homicide, passible d'une peine maximale de 30 ans de prison qui pèse contre Zimmerman, a déclaré la juge Debra Nelson.

Cependant, la juge et les avocats ont estimé que la question du jury était trop vague et les délibérations ont repris.

George Zimmerman, 29 ans, dont le père est blanc et la mère Péruvienne, a démenti tout motif racial à son meurtre. Il avait tiré sur le jeune noir Trayvon Martin, âgé de 17 ans, lors d'une ronde de surveillance bénévole de nuit, disant qu'il s'était méfié de lui à cause d'une série de braquages récents dans le quartier.

Le soir de sa mort, le 26 février 2012, Trayvon Martin allait rendre visite à son père et ne portait pas d'arme.

L'accusation la plus importante qui pèse contre Zimmerman est un assassinat de second degré, passible de la prison à perpétuité. Le jury peut aussi déclarer l'accusé innocent, mais il doit prononcer son verdict à l'unanimité.

Les six femmes du jury - cinq blanches et une d'origine hispanique - délibèrent depuis vendredi au tribunal de Seminole à Sanford, au centre de la Floride (sud-est des Etats-Unis).

Depuis leur sélection il y a près de trois semaines, ces femmes sont recluses dans un lieu tenu secret, surveillées par la police et privées de lecture de la presse, de connections à internet ou de regarder la télévision. Cependant, elles ont été autorisées samedi à parler entre elles de cette affaire pendant leur déjeuner, ont indiqué des sources du tribunal.

Après le meurtre, George Zimmerman avait été remis en liberté, provoquant des manifestations à travers le pays. Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, avait exprimé sa vive émotion: "Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon", avait-il déclaré.

Cette affaire très suivie dans le pays a réveillé le vieux démon du racisme dans la société américaine et rouvert le débat sensible sur le droit inaliénable à porter une arme aux Etats-Unis.

Dans l'attente du verdict annoncé pour samedi, des étudiants de toutes races, des pasteurs et des militants noirs se sont réunis devant les portes du palais de justice pour réclamer "Justice pour Trayvon Martin", tandis que d'autres personnes originaires du centre de la Floride, en majorité blanches, demandaient la libération de Zimmerman. Selon la police, une centaine de manifestants et de très nombreux journalistes se sont rassemblés près du tribunal.

Dans ses recommandations, la juge Debra Nelson a rappelé que l'accusation devait apporter des preuves de la culpabilité de M. Zimmerman. "George Zimmerman n'a pas besoin de réfuter quoi que ce soit. Ni de prouver son innocence", a-t-elle expliqué. "C'est au ministère public de prouver (sa) culpabilité par des preuves".

"Il n'est coupable de rien sauf d'avoir protégé sa propre vie", a affirmé lors de sa dernière plaidoirie l'avocat de M. Zimmerman, Mark O'Mara, qui a fait valoir la légitime défense.

Le procureur Bernie De la Rionda a au contraire mis en avant la préméditation.

Zimmerman n'a pas témoigné depuis l'ouverture de son procès mi-juin. Sa famille a demandé de "respecter le verdict" du jury et appelé la population à "rester calme, quel que soit le résultat" de leurs délibérations.

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