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Zimbabwe: fin des sanctions européennes si les élections sont validées (ambassadeur)

12/07/2013 09:23 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

L'Union européenne (UE) aurait voulu "davantage de réformes" avant les élections au Zimbabwe mais elle lèvera ses dernières sanctions visant le régime du président Robert Mugabe si le scrutin est validé par les observateurs régionaux, a indiqué vendredi son ambassadeur.

"Evidemment on aurait voulu davantage de réformes, notamment dans les médias" toujours largement pro-Mugabe, a exposé l'ambassadeur Roland van de Geer dans un point de presse à Johannesburg.

Les secteurs de l'armée et de la sécurité, qui continuent d'agir comme le bras armé du président, ont aussi "besoin de réformes", a-t-il admis.

"Et c'est aussi la raison pour laquelle nous n'avons n'avons pas levé toutes les mesures restrictives comme M. Mugabe le voudrait et comme l'aurait préféré la SADC", la communauté de développement d'Afrique australe qui a déployé ses observateurs pour les élections générales le 31 juillet, a-t-il ajouté.

Mais, a-t-il poursuivi, "si le processus (électoral) se passe bien, nous suspendrons et, j'en suis sûr, nous supprimerons" les dernières sanctions visant une trentaine de personnalités du régime et huit sociétés. "Nous n'avons pas le droit de continuer avec ça si les élections sont acceptables", a-t-il ajouté.

L'Union européenne n'aura pas ses propres observateurs sur le terrain et devra s'en remettre à "la lecture critique" du rapport des observateurs SADC.

Ces derniers avaient largement validé la réélection contestée de Joseph Kabila fin 2011 en République démocratique du Congo. Mais M. van de Geer a estimé que l'UE avait toutes les raisons de se fier quand même à la SADC.

Il a insisté pour dire que l'UE "demeurait critique" voire "très critique", qu'elle avait "encore des doutes", n'était "pas à 100% satisfaite", "suivait la situation de près sur le terrain" et ne s'attendait pas à ce que "les prochains mois au Zimbabwe soient un chemin semé de roses".

Mais, a-t-il argué, "il nous faut aussi reconnaître qu'il y a des progrès", "que les choses avancent", qu'il y a "des pas positifs".

"A l'heure actuelle, nous ne pouvons pas dire, ce serait injuste de le faire, que les élections ne seront pas équitables", a-t-il continué, contredisant les récents rapports de plusieurs ONG dont Amnesty International qui disent le contraire.

Interrogé pour savoir si l'UE reconnaîtra une possible victoire de M. Mugabe, au pouvoir depuis 1980, il a répondu: "Si les élections sont internationalement reconnues, et nous nous fonderons sur la SADC, nous ferons simplement notre devoir. Si c'est clairement la volonté des Zimbabwéens et si c'est un processus électoral généralement accepté, la réponse est oui".

"Si c'est moins clair, nous irons à nouveau vers une situation difficile mais en toute honnêteté nous ne pouvons pas exclure en ce moment que M. Mugabe puisse gagner les élections, et vous savez qu'il n'est pas notre meilleur ami", a-t-il ajouté.

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