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Trois étrangers recherchés pour "terrorisme" en Europe arrêtés au Kenya (sources judiciaire, diplomatiques)

12/07/2013 08:58 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

Trois étrangers, français et belge, recherchés en Europe pour "terrorisme" selon la justice kényane, ont comparu vendredi au Kenya, pour entrée illégale dans ce pays de la Corne de l'Afrique voisin de la Somalie.

Selon les documents présentés devant le tribunal de Malindi, station balnéaire sur l'Océan Indien où ils comparaissaient, deux des étrangers sont français -- Ben Abdalla Ismail et Rachid Benimari -- et l'un belge -- Mustapha Bouyabaren.

Une certaine confusion demeurait cependant sur l'identité d'au moins un suspect : interrogées, les Affaires étrangères françaises ont affirmé qu'un seul des trois hommes était français. Selon Paris, ce ressortissant est sous protection consulaire. La Belgique n'avait à ce stade pas réagi.

Lors de leur comparution vendredi, les trois suspects ont reconnu être entrés illégalement sur le territoire. Deux Kényans arrêtés en même temps qu'eux mardi à Malindi ont également comparu, accusés de les avoir hébergés, mais ont plaidé non coupables.

Selon les documents présentés devant le tribunal, les trois étrangers seraient une première fois arrivés au Kenya en avril 2011, avec un visa valide un mois.

Ils auraient ensuite rejoint la Somalie, où les insurgés islamistes shebab, alliés à Al-Qaïda, combattent depuis des années les autorités, et d'où, selon une source diplomatique européenne, ils venaient quand ils ont été arrêtés à Malindi.

Les shebab sont depuis quelque temps en proie à de fortes dissensions internes. Une purge est même actuellement orchestrée par le chef suprême du mouvement.

"Les étrangers ont été arrêtés grâce aux renseignements de nos partenaires," a indiqué Njeru Mwaniki, chef de la police anti-terroriste kényane.

"Selon nos informations, ils sont recherchés par leurs pays pour des questions de terrorisme," a-t-il ajouté, affirmant qu'ils seraient renvoyés chez eux pour répondre à d'éventuelles poursuites.

Selon la source européenne diplomatique, la Belgique aurait déjà émis un mandat d'arrêt. A Malindi, l'accusation a aussi indiqué devant le tribunal avoir reçu des informations de l'ambassade de Belgique selon lesquelles les trois hommes étaient recherchés pour terrorisme.

Depuis plusieurs mois, les autorités belges s'inquiètent du départ de plusieurs dizaines de jeunes musulmans non pas vers la Somalie, mais vers la Syrie, où ils rejoindraient pour la plupart des milices islamistes et non les rangs de l'Armée syrienne libre (ASL).

Des Belges ont combattu aux côtés d'autres groupes islamistes ces dernières années.

En juin 2012, six membres d'une cellule spécialisée dans le recrutement de combattants pour le djihad en Irak ou en Afghanistan avaient notamment été condamnés à Bruxelles à des peines allant jusqu'à huit ans de prison.

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