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SNC-Lavalin poursuit un ancien haut dirigeant et un expert-conseil

12/07/2013 03:04 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le géant de l'ingénierie SNC-Lavalin (TSX:SNC) a entrepris une poursuite contre un ancien haut dirigeant et une consultante dans le but de récupérer plus de 2 millions $, incluant une somme de 202 000 $ qu'il dit avoir été utilisée pour décorer un appartement en copropriété appartenant au fils de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi à Toronto.

L'entreprise montréalaise a déposé une requête en dommages-intérêts à l'encontre de son ancien vice-président directeur Riadh Ben Aïssa ainsi que d'une ex-consultante, Cynthia Vanier, et de sa société, Vanier Consulting.

Dans sa requête, déposée plus tôt cette semaine en Cour supérieure du Québec, la firme d'ingénieurs avance que ces parties ont comploté avec l'ancien vice-président de SNC-Lavalin Stéphane Roy pour utiliser, sans autorisation, des fonds qui lui appartenaient.

Le bien-fondé de ces allégations n'a pas été démontré en cour.

«Nous avons maintenant suffisamment progressé dans les enquêtes pour avoir un solide dossier nous permettant de déposer (cette requête)», a affirmé vendredi Leslie Quinton, porte-parole de SNC-Lavalin.

SNC-Lavalin a émis un communiqué au sujet de cette poursuite, tard jeudi, après qu'un journaliste eut commencé à poser des questions.

«Je sais que cela donne l'impression que nous tentions de le cacher, mais c'est le contraire car il s'agit de bonnes nouvelles pour nous. C'était juste une question de moment», a dit Mme Quinton.

SNC cherche à obtenir 1,85 million $ de Mme Vanier, soupçonnée d'avoir comploté avec MM. Roy et Ben Aïssa pour faire entrer le fils de Kadhafi au Mexique.

«En retenant les services de Vanier Consulting et en prenant part au complot pour permettre à Saadi Kadhafi et sa famille de quitter illégalement la Libye, Ben Aïssa, Roy et Vanier ont clairement agi au détriment des intérêts (de SNC-Lavalin)», a écrit l'entreprise dans le document de 15 pages soumis à la Cour supérieure du Québec.

Mme Vanier a récemment été remise en liberté, au terme de 18 mois de détention au Mexique. Elle a toujours clamé son innocence et a fait appel auprès de la Cour suprême du Mexique, avec succès.

Mme Vanier, de Mount Forest, en Ontario, n'a pas répondu vendredi à un courriel lui demandant de réagir à la nouvelle de la poursuite intentée contre elle par SNC-Lavalin.

Dans la requête contre M. Ben Aïssa, il est fait mention des factures payées à la firme Harvey Wise Designs, en 2011, pour décorer l'appartement de Kadhafi au centre-ville de Toronto.

SNC-Lavalin a indiqué qu'un tribunal du Québec avait accepté sa requête d'un gel des actions de SNC détenues par M. Ben Aïssa, évaluées à quelque 350 000 $, afin de couvrir les dommages-intérêts réclamés et toute autre demande qui pourrait découler d'une série d'enquêtes menées au Canada et en Suisse.

Cette décision empêcherait aussi M. Ben Aïssa de tenter de vendre ses actions. Celui-ci est actuellement détenu par les autorités suisses et est soupçonné de fraude, de corruption et de blanchiment d'argent en Afrique du Nord.

SNC-Lavalin avait déjà présenté une réclamation distincte contre Stéphane Roy en avril. Comme elle l'avait fait dans cette première réclamation, la société a fondé sa requête sur de présumés courriels échangés entre Mme Vanier, M. Roy et M. Ben Aïssa en 2011.

L'action de SNC a cédé vendredi 55 cents à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 44,30$.

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