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Russie: la banque centrale maintient son taux directeur à 8,25%

12/07/2013 07:04 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

La banque centrale de Russie a annoncé vendredi le maintien de son principal taux directeur à 8,25%, malgré la faiblesse de la croissance économique, l'inflation se maintenant à un niveau trop élevé selon elle pour pouvoir ouvrir davantage le robinet du crédit.

Il s'agissait de la première réunion de politique monétaire de l'institution depuis la prise de fonction à sa tête d'Elvira Nabioullina, auparavant conseillère économique du président russe Vladimir Poutine.

Certains économistes pariaient sur un abaissement des taux, réclamé depuis des mois par de nombreuses voix dans les milieux économiques pour relancer la croissance, d'autant que l'inflation est repassée en juin sous les 7% pour la première fois cette année.

"L'inflation a diminué, mais reste au-dessus de la fourchette visée", entre 5% et 6%, a expliqué la banque centrale dans un communiqué.

Contrairement à sa réunion précédente, l'institution n'a cette fois pas évoqué l'existence de "risques inflationnistes", laissant entendre qu'elle pourrait relâcher prochainement sa politique monétaire. Elle prévoit toujours un retour de la hausse des prix à la consommation à un niveau compatible avec ses objectifs au cours du second semestre.

La banque centrale continue de relever que "le rythme de la croissance économique reste faible", même si les mauvais indicateurs de mai s'expliquent "en partie par un effet calendaire".

La succession d'une série de jours fériés rapprochés début mai s'est traduit par une très faible activité économique sur les deux premières semaines du mois.

Le gouvernement prévoit une croissance de 2,4% cette année, contre 3,4% en 2012, un niveau jugé insuffisant par les autorités pour moderniser le pays.

Depuis des mois, les dirigeants de la banque centrale s'appuient sur le niveau élevé de l'inflation pour refuser de réduire le principal taux directeur, relevé à 8,25% en septembre dernier.

Ils se sont contentés pour l'instant de réduire certains taux pour des opérations à long terme.

Vladimir Poutine lui-même s'est inquiété du niveau élevé des taux d'intérêt, qui briderait l'activité économique.

La nomination de sa conseillère Elvira Nabioullina pour diriger la banque centrale a été vue par certains observateurs comme une manière d'influer sur la politique de cette institution à l'indépendance respectée.

Des économistes avaient parié sur un statu quo sur les taux destiné pour la nouvelle présidente de la banque centrale à prouver son indépendance.

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