NOUVELLES

Portugal: le Premier ministre prêt à un dialogue avec l'opposition

12/07/2013 07:09 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

Le Premier ministre portugais s'est dit ouvert jeudi à un dialogue, apparemment difficile, avec l'opposition socialiste afin de trouver un "accord de salut national" pour surmonter la crise politique qui persiste dans ce pays sous assistance internationale.

"Je veux maintenant réaffirmer mon engagement en vue d'une concertation entre les trois partis" qui ont souscrit le plan de sauvetage accordé au Portugal en mai 2O11, a dit Pedro Passos Coelho lors d'un débat au Parlement sur l'état de la nation.

Le plan de sauvetage avait été négocié par les socialistes, au pouvoir à l'époque, et entériné par le Parti social démocrate (PSD) du Premier ministre Pedro Passos Coelho et le petit parti conservateur CDS-PP.

"Faisons un accord qui corresponde au désir de tous: conclure avec succès notre programme d'assistance en juin 2014", a ajouté le Premier ministre qui intervenait devant les députés pour la première fois depuis le début de la crise politique, déclenchée la semaine dernière par la démission de deux ministres-clés.

Le Premier ministre répondait au président conservateur Anibal Cavaco Silva qui, dans un déclaration à la nation, a demandé mercredi 'un "accord de salut national", assorti, dans un an, d'élections législatives anticipées.

Mais cette proposition semble d'autant moins réaliste que le Parti socialiste, principale formation de l'opposition, tout en se disant ouvert au dialogue, a rappelé son refus d'intégrer, voire même de soutenir, un gouvernement qui ne serait pas issu des urnes.

"Nous débattons l'état de la nation avec un gouvernement en état de décomposition et de désagrégation", a déclaré le secrétaire général du PS, Antonio José Seguro en exigeant que le gouvernement reconnaisse que "sa politique d'austérité a échoué".

"La coalition au pouvoir dispose d'une large majorité parlementaire", n'en a pas moins affirmé M. Passos Coelho, soulignant que "le gouvernement est dans la plénitude de ses fonctions".

Pour justifier son appel à un large consensus politique, le président a notamment mis en garde contre un "risque considérable" que le Portugal soit contraint de demander un nouveau sauvetage financier.

Mais la situation du Premier ministre reste très précaire car le chef de l'Etat s'est abstenu d'évoquer le remaniement ministériel que le chef du gouvernement lui a proposé pour sortir de la crise.

Ce silence a été interprété comme un refus de l'accord censé assurer la survie de la majorité parlementaire formée par le Parti social-démocrate (PSD, centre droit) de M. Passos Coelho et le CDS-PP, la formation conservatrice de son ministre des Affaires étrangères démissionnaire, Paulo Portas.

Pour convaincre M. Portas à faire marche arrière après avoir claqué la porte en critiquant l'excès de rigueur du gouvernement, le Premier ministre s'était résolu à le promouvoir au rang de vice-Premier ministre chargé de coordination économique et des relations avec la "troïka" UE-BCE-FMI représentant les créanciers du pays.

Alors que l'incertitude politique persiste, le Portugal a sollicité et obtenu de ses bailleurs de fonds le report du prochain examen trimestriel du programme de rigueur et de réformes.

La 8e évaluation de la troïka devait débuter lundi prochain, mais le ministère portugais des Finances a annoncé que "la réalisation des 8e et 9e examens était prévue pour la fin août, début septembre".

La crise politique est intervenue alors que l'économie portugaise, en récession depuis deux ans, doit reculer cette année de 2,3% tandis que le chômage, qui alimente un mécontentement social en forte hausse, doit atteindre le taux record de 18,2%.

bir/tsc/jh

PLUS:afp