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Le déraillement d'un train au sud de Paris fait au moins six morts

12/07/2013 12:39 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

PARIS - Un train transportant des centaines de passagers à la veille d'un important congé national a déraillé dans une station au sud de Paris, vendredi, faisant au moins six morts, selon les autorités.

Quelque 192 personnes ont été blessées ou traitées pour un choc. Neuf d'entre elles se trouvaient dans un état critique, a annoncé vendredi le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls.

Quatre des sept voitures auraient glissé vers la gare, arrachant une partie du toit métallique qui protège le quai d'embarquement. Des images de la scène diffusées sur les chaînes de télévision française et sur le réseau social Twitter montrent du métal déformé et des éclats sur le quai, ainsi que des débris provenant de l'impact bloquant l'escalier menant sous le quai.

Environ 300 pompiers, 20 équipes médicales et huit hélicoptères étaient déployés sur les lieux pour tirer les survivants des débris de métal, toujours selon le ministère de l'Intérieur.

Cet accident qui a eu lieu à Bretigny-sur-Orge est le plus fatal que la France ait connu depuis de nombreuses années. Le président François Hollande a d'ailleurs chamboulé son horaire à Paris pour se rendre sur les lieux.

Le président Hollande a salué «la mobilisation exceptionnelle des services de secours» et témoigné sa solidarité aux familles des victimes. Il a confirmé que trois enquêtes publiques sont en cours, par la Société nationale des chemins de fer (SNCF), la justice et les services du ministre des transports, pour déterminer les causes de l'accident.

«Ce qui m'a été dit — et ça demande encore confirmation —, c'est qu'il y aurait eu un choc (...) qui ne s'est pas produit entre deux trains, mais sur ce train, qui devra être compris, analysé, et toutes les enquêtes seront publiques pour qu'il n'y ait aucun doute sur ce qui s'est produit», a-t-il déclaré.

L'accident fatal s'est produit alors que le France se préparait à célébrer, dimanche, son plus important congé national, l'anniversaire de la prise de la Bastille. Pour cette occasion, des hordes de vacanciers se dirigent à l'extérieur de la capitale et d'autres grandes villes pour visiter leur famille ou pour prendre des vacances.

Des témoins ont rapporté que le train n'avançait pas à une vitesse excessive, épaississant le mystère sur ce qui s'est passé.

«Je pense qu'il est véritablement trop tôt pour commencer à faire des hypothèses. Nous sommes toujours en opération d'urgence», a commenté le porte-parole du ministre de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet. «On attend beaucoup de travaux de la part des experts, qui nous permettront de connaître les circonstances et les causes exactes de ce drame.»

Ben Khelifa, un apprenti en comptabilité de 20 ans dont le train se trouvait sur la voie ferrée adjacente a raconté à l'Associated Press que «le train était méconnaissable. Il n'y avait plus que des débris de tôle.»

«Le train s'est effondré sur le côté, juste comme ça... Il y avait du sang», a-t-il confié.

Il a ajouté que lui et d'autres passagers du train voisin sont allés aider les survivants à sortir des wagons accidentés. «Les gens criaient et demandaient où étaient leurs enfants.»

Un autre témoin, Bazgua El Mehdi, 19 ans, a raconté ce qu'il a vu au journal Le Parisien.

«J'ai entendu un gros bruit. Tout s'est perdu dans un nuage de sable. La poussière s'est dissipée. Je pensais que c'était un train de marchandises, mais nous avons alors aperçu les premières victimes. (...) Beaucoup de passagers pleuraient dans le train.»

Les autorités n'ont pas confirmé les rumeurs rapportées par certains médias, selon lesquelles des passagers seraient toujours coincés à l'intérieur du train. On ignore si toutes les victimes étaient dans le train ou si quelques-unes se trouvaient sur le quai. La vitesse à laquelle roulait l'engin n'est toujours pas connue.

Le directeur de la Société nationale des chemins de fer (SNCF) a parlé d'une «catastrophe» pour décrire l'événement.

Des enquêteurs tentent de déterminer la cause de l'accident. Selon un responsable de la SNCF, Guillaume Pepy, les troisième et quatrième wagons ont déraillé, puis poussé d'autres wagons hors des rails.

«Certains wagons ont simplement déraillé, d'autres sont penchés et d'autres ont basculé», a-t-il affirmé.

Le ministre de l'Intérieur a rapporté six décès. Plus tôt, il en avait déclaré sept.

Le train transportait environ 385 passagers quand il a déraillé vendredi vers 17 h 15, heure locale, près de la gare de Bretigny-sur-Orge, à environ 20 kilomètres au sud de Paris.

Le train se dirigeait vers Limoges, située à 400 kilomètres de Paris, soit environ un voyage de trois heures. Le train était à environ 20 minutes de sa destination.

Tous les trains en provenance de la Gare d'Austerlitz, à Paris, ont été suspendus après l'accident.

Sur la chaîne télévisée BFM, un passager a affirmé que le train roulait à une vitesse normale et qu'il n'était pas prévu qu'il s'arrête à Bretigny-sur-Orge. Il a aussi rapporté la présence d'enfants esseulés dans le chaos qui a suivi le déraillement. Un grand nombre de secouristes ont été déployés sur les lieux, a-t-il dit.

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