NOUVELLES

Le bilan de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic passe à 28 morts

12/07/2013 11:47 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

LAC-MÉGANTIC, Qc - Quatre nouveaux corps ont été extirpés des décombres du centre-ville de Lac-Mégantic, ce qui fait passer le bilan de la tragédie ferroviaire survenue samedi dernier à 28 morts et 22 personnes disparues et présumées décédées.

Comme c'est le cas depuis le début des recherches, la Sûreté du Québec (SQ) a refusé de préciser à quel endroit les corps ont été découverts.

La porte-parole du Bureau du coroner, Geneviève Guilbault, a également révélé vendredi lors d'un point de presse avec la SQ que sept victimes de plus avaient été identifiées, portant le total à huit.

«L'obtention de huit identifications formelles en moins d'une semaine après les événements démontre le rendement exceptionnel des ressources qui ont été mises en place par le laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale», a signalé Mme Guilbault.

Une rubrique est en ligne depuis jeudi soir sur le site Internet du Bureau du coroner afin de permettre au public de consulter les identités de ces victimes, qui seront rendues publiques 24 heures après que les familles auront été avisées.

Les recherches se poursuivent sans relâche sur le terrain, a assuré l'inspecteur de la SQ, Michel Forget. Celui-ci a cependant expliqué que la ventilation du site et le pétrole qui souillait le sol avaient forcé les autorités à revoir leur stratégie d'enquête et de recherche.

«Nous avons eu beaucoup de difficultés au niveau de la scène, a-t-il expliqué. Il y a beaucoup d'émanations qui s'y produisent, les facteurs atmosphériques font en sorte que c'est difficile d'y travailler.»

Les enquêteurs ne peuvent donc réaliser les expertises qui s'imposent à ces endroits, a-t-il poursuivi, et il leur a donc fallu déplacer certains terrains de recherche. Ils y reviendront lorsque la situation se sera stabilisée.

«On ne cessera pas nos recherches», a tranché l'inspecteur.

M. Forget a par ailleurs tenu à remercier ses confrères de corps municipaux et de la GRC qui ont prêté main-forte au cours des derniers jours et a invité les curieux à ne pas s'exposer à des risques inutiles en se promenant sur des toits.

Il a aussi révélé que les trois portes de résidences qui avaient été forcées l'avaient été par les pompiers au travail, ce qui fait en sorte qu'on ne rapporte aucun vol et aucune entrée par effraction.

Les autorités municipales ne sont toujours pas en mesure de préciser combien des quelque 200 personnes qui sont toujours sous le coup d'un ordre d'évacuation se retrouveront face à un domicile complètement ravagé par les flammes.

Impossible aussi de savoir quand ces évacués pourront réintégrer leur logis. Chassés de leur domicile il y a près d'une semaine, plusieurs résidants ne peuvent toujours pas accéder à leur maison située dans la «zone rouge» de la municipalité.

Ils ont été 23 à passer une autre nuit à la polyvalente Montignac jeudi soir, a précisé la mairesse de la municipalité, Colette Roy-Laroche, selon qui les autorités n'étaient toujours pas en mesure de dire à quel moment un plan de réintégration serait annoncé pour les derniers résidants évacués.

Quelque 600 résidants ont pu retourner à leur domicile jeudi après avoir obtenu l'autorisation de la Sécurité civile. La coordonnatrice de l'Organisation régionale de la sécurité civile de l'Estrie, Christine Savard, a d'ailleurs confirmé vendredi que le retour à la maison de ces centaines de personnes s'était fait sans anicroche.

Lors du point de presse, la mairesse a été invitée à commenter la décision prise par la municipalité d'annuler une veillée aux chandelles qui devait se tenir vendredi soir à la polyvalente.

Elle a indiqué qu'elle ne s'opposait pas à l'idée que les citoyens mettent sur pied des cérémonies commémoratives, mais a spécifié que le tout devrait être discuté avec les autorités municipales afin de permettre à celles-ci de prévoir le coup.

Mais malgré la recommandation de Mme Roy-Laroche, une soixantaine de personnes se trouvaient sur le parvis de l'église Sainte-Agnès, vers 21 h vendredi soir, pour prendre part à une vigile improvisée, le tout en présence de policiers, rangés des deux côtés du parvis, et de plusieurs représentants des médias, maintenus à l'écart derrière une barrière de sécurité.

Par ailleurs, la Ville de Lac-Mégantic a mis en place un comité d'urgence afin de trouver des solutions pour venir en aide aux derniers évacués de la municipalité.

Dès lundi, les citoyens touchés par les évacuations de la dernière semaine pourront obtenir de l'aide financière. Un chèque forfaitaire de 1000$ leur sera remis. Des représentants d'une dizaine de ministères et d'organismes gouvernementaux seront rassemblés pour aider les citoyens de Lac-Mégantic.

Visite du ministre des Transports

Le ministre des Transports et ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, a rencontré la mairesse de Lac-Mégantic vendredi en début d'après-midi afin de lui signifier son appui «indéfectible» en marge de la tragédie qui a dévasté la municipalité.

À l'occasion d'un point de presse, il a indiqué que la rencontre a été l'occasion pour lui d'expliquer à la mairesse le détail de l'aide gouvernementale disponible.

Questionné à savoir si la tragédie de Lac-Mégantic pouvait éventuellement faire l'objet d'une enquête publique, M. Gaudreault a affirmé que cette thèse n'était pas exclue.

PLUS:pc