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L'avion russe Superjet à la recherche d'une bouffée d'air frais financière

12/07/2013 06:05 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

Le constructeur de l'avion régional russe Superjet 100, selon la presse au bord du défaut de paiement, a confirmé vendredi négocier avec ses créanciers un allègement de sa dette et un soutien financier pour ce programme très symbolique pour l'aéronautique russe.

Dans un communiqué, Soukhoï Aviation Civile (SAC) a assuré être en mesure de faire face à ses obligations financières, mais reconnu travailler à la mise au point de "mesures de soutien".

"Nous analysons les possibles scénarios de restructuration de la dette de la société", qui dépasse deux milliards de dollars, a indiqué l'avionneur.

"Nous réfléchissons aussi aux formes possibles de soutien du programme SSJ-100", nom de code du Superjet, a-t-il ajouté.

Il s'agit selon l'entreprise de disposer de davantage de liquidités, de renforcer son capital et de faciliter le financement des ventes d'appareils, destiné à des compagnies souvent modestes dans des pays émergents.

Détenue par l'avionneur public russe Soukhoï à hauteur de 75% et l'italien Finmeccanica à hauteur de 25%, SAC est chargée de la construction du Superjet, qui avec une centaine de places vise à concurrencer sur le marché de l'aviation régionale Embraer, ATR ou Bombardier.

Premier avion civil lancé depuis la chute de l'URSS, il était censé symboliser le renouveau de l'industrie aéronautique russe. Mais depuis sa mise en service en 2011, il peine à trouver des clients au delà de la compagnie russe Aeroflot et depuis peu, la mexicaine Interjet.

L'appareil a connu plusieurs avaries techniques qui ont provoqué un certain agacement chez Aeroflot, ainsi qu'un crash en 2012 lors d'un vol de démonstration en Indonésie, mis sur le compte d'une erreur humaine.

Le journal Kommersant avait révélé jeudi que l'avionneur négociait des moyens d'alléger sa dette, notamment avec la banque publique de développement VEB, qui lui a prêté un milliard de dollars.

Cette dette pourrait selon le journal être convertie en participation dans le capital soit de SAC, soit de sa maison mère Soukhoï, plus solide financièrement.

"Il faut trouver une solution avant la fin de l'année, faute de quoi (Soukhoï Aviation Civile) se trouvera en situation de défaut sur ses crédits", a affirmé une source proche du dossier à Kommersant.

VEB pourrait en outre injecter directement des fonds dans l'avionneur, par exemple en réduisant sa participation dans le groupe aéronautique européen EADS (5%).

"Une solution va être trouvée, on n'arrivera pas à la faillite", assure Mikhaïl Ganéline, analyste chez Sberbank CIB.

"Ce projet est suivi de près par le gouvernement, il est déjà lancé et l'avion lui-même est bon. Simplement on entre seulement maintenant en phase de production à grande échelle", coûteuse, ajoute-il, interrogé par l'AFP.

SAC prévoit de produire 26 appareils cette année contre 12 l'an dernier. Il a souligné vendredi qu'il n'avait "jamais caché que l'essentiel des investissements pour le SSJ-100 avait été réalisé grâce à des crédits", couvrant 60% des sommes mises en jeu.

Il a répété prévoir d'atteindre l'équilibre financier en 2015 et mis en avant son carnet de commandes de 179 appareils.

Mais certains observateurs soulignent que ce portefeuille est composé en partie d'options à confirmer.

Lors du salon du Bourget en juin, le Superjet a dû se contenter d'un accord avec le loueur d'avions Iliouchine Finance portant sur 20 appareils destinés à des clients en Asie du Sud Est et au Proche-Orient.

L'avion russe est resté bien loin des commandes géantes annoncées par Embraer, ATR, ou dans une moindre mesure Bombardier.

"On aimerait que le carnet de commandes soit plus rempli. Il y a un marché, mais le Superjet n'occupe pas la place qu'il devrait occuper", confiait à l'AFP après le salon aéronautique une source proche du programme.

Pour cette source, les partenaires du projet misent sur la récente mise en exploitation de l'appareil par la compagnie mexicaine, en juillet, pour constituer "un élément déclencheur".

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