NOUVELLES

IOR: le Vatican gèle les avoirs de Mgr Scarano, un prélat arrêté

12/07/2013 07:31 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

La justice vaticane a gelé les avoirs d'un prélat arrêté le 28 juin par la police italienne et soupçonné d'avoir servi d'"écran" pour des virements suspects en provenance de Monaco effectués à travers la banque du Vatican IOR, a annoncé le Saint-Siège dans un communiqué.

"Par une ordonnance du 9 juillet, le promoteur de justice (procureur) du tribunal de la Cité du vatican a ordonné le gel des avoirs au nom de Mgr Nunzio Scarano à l'IOR" (Institut pour les OEuvres religieuses), la banque du Vatican), selon le communiqué.

Cette mesure a été prise "dans le cadre des enquêtes menées par les autorités judiciaires du Vatican sur des transactions suspectes", précise-t-il. "L'enquête pourra être étendue à d'autres personnes", a ajouté le porte-parole du Vatican, le père Federico LOmbardi, cité dans le communiqué.

"L'IOR a confié au Promontory Financial Group (société américaine de consultants) un examen objectif des faits et des circonstances concernant les comptes en question et coopère pleinement avec l'organisme de régulation financière du Vatican, l'AIF (Autorité d'Information financière), et les autorités judiciaires pour faire la pleine lumière sur cette affaire".

Le communiqué rappelle que "l'IOR suit une ligne claire d'identification systématique et de tolérance zéro face à toutes les activités illégales, qu'elles soient menées par des laïcs ou des ecclésiastiques".

Selon la police italienne, Mgr Scarano aurait servi d'"écran" pour des virements suspects en provenance de Monaco effectués à travers la banque du Vatican.

Mgr Nunzio Scarano, ex-chef de la comptabilité de l'APSA, l'agence qui gère le patrimoine du Vatican, masquait "le bénéficiaire réel de l'opération et il entravait la traçabilité de ces sommes d'argent", selon la police.

Selon les enquêteurs, Mgr Scarano a aussi utilisé des comptes bancaires de l'IOR) pour procéder à des virements pour le compte d'amis à lui, notamment pour rapatrier de Suisse 20 millions d'euros issus d'une fraude fiscale pour une famille d'armateurs napolitains.

Le pape a lancé depuis la mi-juin une reprise en main de l'IOR en commençant par nommer Mgr Battista Ricca, l'un de ses hommes de confiance, au poste de "prélat" de l'IOR, une sorte de numéro deux qui a un droit de regard absolu.

Le pape François a institué fin juin une commission formée de quatre religieux et une laïque chargée d'inspecter l'IOR et de proposer une réforme dont les grandes lignes devraient être connues en octobre.

glr/fka/abk

PLUS:afp