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Comme plusieurs autres Québécois, les Méganticois ont tenu une vigile

12/07/2013 11:21 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - À l'instar d'un grand nombre de Québécois qui leur rendaient hommage vendredi soir dans plusieurs villes, les Méganticois ont tenu une vigile, presque exactement une semaine après la catastrophe ferroviaire qui a frappé leur ville.

En effet, même si la vigile prévue à l'origine vendredi soir à l'initiative de citoyens de la ville meurtrie avait été annulée, les gens se sont néanmoins réunis sur le parvis de l'église Sainte-Agnès, juste en face des lieux de la tragédie.

La mairesse Colette Roy-Laroche avait indiqué qu'elle ne s'opposait pas à l'idée que les citoyens mettent sur pied des cérémonies commémoratives, mais avait spécifié que le tout devrait être discuté avec les autorités municipales afin de permettre de prévoir le coup.

Finalement, les gens ont commencé à s'attrouper sur le parvis du lieu de culte peu avant 20h00. Les policiers de la Sûreté du Québec tenaient les représentants des médias à l'écart, pour respecter le recueillement des personnes endeuillées.

Il y avait là des gens de tous âges. L'atmosphère était calme, recueillie, dans la lumière crépusculaire. Certains tenaient une bougie. De petits groupes bavardaient tranquillement, tandis que d'autres restaient à l'écart en silence, la mine grave. À un certain moment, il y avait une bonne soixantaine de personnes présentes. Des gens entraient et sortaient de l'église.

Le rassemblement a donné lieu à quelques scènes émouvantes. Des personnes qui portaient le chandail du Musi-Café — ce bar qui a été soufflé par l'explosion — ont serré des proches dans leurs bras.

«On essaie de survivre, on continue, la vie continue, tout ce qu'il faut penser, c'est relever notre victoire à nous, d'être là (...), a déclaré Patrick Champagne-Madore, un des participants à la vigile, qui était là avec sa soeur et deux autres proches. Il faut qu'on se soutienne tous.»

«D'une manière ou d'une autre, on est tous affectés, on a pas vraiment besoin de mots, on a juste besoin de se voir, dans le fond», a dit Bianca Filion.

«La présence, l'amour, ça se ressent», a ajouté Cynthia Jacques, qui l'accompagnait.

Les résidants de Lac-Mégantic n'ont pas été les seuls à se recueillir ainsi. Ce fut aussi le cas à Montréal, où des citoyens ont déposé des chandelles sur la Place d'Armes, vendredi soir, en guise de solidarité envers les victimes de la tragédie.

Au plus fort du rassemblement, quelques dizaines de personnes se sont réunies et d'autres sont venues se recueillir ou déposer des chandelles un peu plus tard. Ils ont notamment marché dans le Vieux-Port et se sont également rendus à la Basilique Notre-Dame, dans le coeur du Vieux-Montréal.

Visiblement ému, Richard Lafontaine, un résidant de Montréal, tenait à poser ce geste même si personne de sa famille n'a été touché par le drame. Même plusieurs jours après la tragédie, il avait de la difficulté à trouver les mots pour exprimer ce qu'il ressentait, vendredi soir.

«C'est assez... c'est assez... ce n'est pas arrivé souvent, heureusement, mais... par bout, ça dépasse un peu l'entendement et j'trouvais ça important de participer à un mouvement de solidarité pour les gens de la région et pour la ville en particulier.»

D'autres veillées nocturnes devaient aussi avoir lieu dans plusieurs villes aux quatre coins de la province, dont Québec, Trois-Rivières, Gatineau et Sherbrooke.

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