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Washington dit à Pékin être "très déçu" que la Chine n'ait pas livré Snowden

11/07/2013 06:18 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont affirmé jeudi au terme d'une rencontre annuelle avec la Chine être "très déçus" que Pékin ne leur ait pas livré Edward Snowden, ancien consultant du renseignement américain à la source de révélations sur de vastes programmes de surveillance américains.

Le secrétaire d'Etat adjoint William Burns a affirmé, lors d'une conférence de presse avec des responsables chinois, que la gestion du dossier par Pékin n'était "pas cohérente" avec les appels récents à une meilleure coopération entre les deux pays.

M. Burns a rappelé que Washington et Pékin s'étaient mis d'accord, lors d'une rencontre de leurs présidents respectifs en Californie (ouest des Etats-Unis) le mois dernier, pour travailler de manière rapprochée.

"C'est pourquoi nous avons été très déçus par la manière dont les autorités de Pékin et de Hong Kong ont géré l'affaire Snowden, qui sape notre effort pour établir la confiance nécessaire à résoudre les questions difficiles", a déclaré M. Burns.

"La gestion de ce dossier n'a pas été cohérente avec l'esprit de Sunnylands", la propriété où s'étaient rencontrés les présidents chinois et américain début juin, a ajouté M. Burns.

Le représentant chinois Yang Jiechi, qui s'exprimait à côté de M. Burns, a défendu pour sa part la décision de Pékin sur Snowden, dont les révélations sur l'espionnage, par Washington, de réseaux internet chinois avaient suscité de l'émoi en Chine.

"Le gouvernement (chinois) a toujours respecté la gestion des dossiers par le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong conformément à la loi", a affirmé M. Yang.

Hong Kong "a géré le dossier Snowden conformément à la loi et son traitement ne souffre aucun reproche", a ajouté M. Yang, figure importante de la diplomatie chinoise.

Après ses révélations, Edward Snowden, ancien consultant de l'Agence de sécurité nationale (NSA), a fui les Etats-Unis pour se réfugier à Hong Kong, territoire qu'il a quitté le 23 juin sans que soit exécuté le mandat d'arrêt délivré par Washington à son encontre.

Recherché par Washington pour espionnage, il se trouve depuis dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, son passeport américain ayant été annulé par Washington.

Le Venezuela a offert de l'accueillir, tout comme le Nicaragua et la Bolivie, mais aucun signe d'un départ prochain de l'Américain pour un de ces pays n'est apparu à ce jour.

M. Snowden a révélé que la NSA surveillait les communications téléphoniques de millions d'Américains, ainsi que les communications électroniques d'étrangers. La NSA aurait aussi espionné des "cibles" institutionnelles, dont l'Union européenne et des représentations diplomatiques alliées des Etats-Unis.

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