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Mutinerie dans une prison indonésienne : cinq morts, 100 détenus en fuite (police)

11/07/2013 11:44 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT

Cinq personnes ont été tuées et une centaine de prisonniers étaient toujours en fuite après une gigantesque mutinerie survenue jeudi soir dans un établissement pénitentiaire indonésien toujours sous le contrôle des détenus, a-t-on appris vendredi de source policière.

"Cinq personnes sont mortes: trois sont des prisonniers et deux autres du personnel de l'établissement", a indiqué à l'AFP Heru Prakoso, porte-parole de la police provinciale de Sumatra-Nord (nord-ouest), ajoutant qu'une centaine de prisonniers étaient toujours en fuite, dont des "terroristes".

"Nous avons repris 55 évadés, dont trois condamnés pour des actes terroristes", a-t-il ajouté. Entre "95 et 100" détenus sont toujours en fuite, dont "six condamnés pour des actes terroristes", a-t-il précisé.

"Nous n'avons pas encore été capables de reprendre le contrôle total de la prison", a-t-il reconnu, ajoutant qu'un millier de policiers et de militaires ont été déployés.

Les détenus de l'établissement Tanjung Gusta de Medan, capitale provinciale de Sumatra-Nord, se sont mutinés en fin de journée jeudi afin de protester contre une coupure d'électricité qui affectait depuis le matin la prison surpeuplée.

L'absence d'électricité a bloqué toute distribution d'eau, tirée de puits par des pompes, empêchant les indispensables ablutions d'avant-prière en cette période sacrée du ramadan. L'établissement abrite 2.600 prisonniers pour une capacité de moins de 500, selon la presse locale.

Des prisonniers ont mis le feu à des bureaux de la prison, s'en prenant également aux gardiens. Dans l'agitation, environ 150 détenus en ont profité pour s'évader.

La prison abritait au total onze détenus condamnés en vertu de la loi antiterrorisme, certains pour avoir fait partie d'un camp d'entraînement de militants dans la province voisine d'Aceh, où une rébellion séparatiste a sévi pendant des décennies, d'autres pour des hold-up de banques visant à financer des actes terroristes, a précisé Heru Prakoso.

L'incendie a été éteint dans la nuit de jeudi à vendredi. Devant l'établissement aux murs calcinés, des centaines de policiers et militaires montaient la garde tandis que, à l'intérieur, les détenus étaient réunis dans la cour de la prison, se déplaçant librement hors de leurs cellules, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les mutins ont laissé entrer une vingtaine de militaires afin de mener des négociations, mais pas de policiers. "On n'aime pas les policiers. Ce sont des barbares, ils n'arrêtent pas de nous battre", a crié un détenu depuis l'intérieur de la prison.

Des pourparlers devaient démarrer dans la journée entre sept représentants des prisonniers et un haut responsable du ministère de la Justice et des Droits de l'homme, a précisé M. Prakoso.

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