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Les crimes haineux sont en baisse sauf ceux motivés par l'orientation sexuelle

11/07/2013 11:28 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le nombre de crimes haineux rapportés à la police était en baisse en 2011 au Canada dans presque toutes les catégories, sauf celle des crimes motivés par la haine de l'orientation sexuelle.

Les données rapportées jeudi par Statistique Canada à ce sujet font état d'un taux de 3,9 crimes haineux par tranche de 100 000 habitants en 2011, soit une baisse de 5 pour cent par rapport à 2010.

Par ailleurs, les données de l'agence fédérale démontrent que plus de la moitié (51 p.c.) des crimes haineux au Canada sont commis en Ontario, qui affiche l'un des taux les plus élevés parmi les provinces, avec l'Ile-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique. Terre-Neuve et Labrador montre le taux provincial le plus faible, suivi du Québec et du Nouveau-Brunswick qui occupent ex-aequo la 2e position.

Un coup d'oeil sur les 33 plus grandes villes canadiennes illustre bien cette disparité régionale, alors que huit des 11 villes ayant les taux de crimes haineux les plus élevés sont en Ontario.

Les plus forts taux de crimes de haine en 2011, soit le nombre d'infractions par habitant, ont été observés dans les villes ontariennes de Peterborough (17,9 pour 100 000 habitants) et Hamilton (15,9 pour 100 000 habitants).

Halifax occupe la sixième place, Vancouver la septième, Calgary la neuvième et Toronto la dixième.

La ville de Québec vient au 23e rang alors que Montréal occupe la 26e position, toutes deux avec des taux de crimes haineux bien en-deçà de la moyenne nationale.

La palme revient toutefois à Saguenay et à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, les deux seules villes au pays qui n'ont enregistré aucun crime haineux en 2011.

Trois motifs étaient principalement à l'origine de plus de 95 pour cent des crimes de haine. La race ou l'origine ethnique représentaient plus de la moitié (52 p.c.) des dossiers, suivi des des crimes motivés par la haine de la religion (25 p.c.) et les crimes motivés par la haine de l'orientation sexuelle (18 p.c.).

Cependant, les crimes motivés par la haine de la religion étaient en baisse de 17 pour cent en 2011 et ceux motivés par la haine de la race ou de l'origine ethnique, de 4 pour cent, alors que les dossiers de crimes motivés par la haine de l'orientation sexuelle ont augmenté de 10 pour cent.

Certains aspects des crimes demeurent constants. Ainsi, parmi les crimes haineux liés à la race ou à l'origine ethnique, les populations noires étaient encore les plus souvent ciblées (21 pour cent du total), alors que les populations juives demeurent les plus visées par les crimes motivés par la haine de la religion (15 pour cent du total).

La plupart des crimes de haine déclarés par la police comportaient des infractions sans violence, le méfait — sous forme de vandalisme, de graffiti ou autre — ayant été l'infraction privilégiée dans la moitié des crimes haineux.

Par ailleurs, tant les auteurs que les victimes de crimes haineux sont souvent des jeunes de moins de 25 ans. Parmi les auteurs présumés, 60 pour cent étaient âgés de moins de 25 ans, comparativement à 41 pour cent des auteurs présumés de crimes en général.

L'écrasante majorité des auteurs présumés de crimes de haine, soit 88 pour cent, étaient des hommes. Quant aux victimes, 41 pour cent avaient moins de 25 ans.

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