Quand Psy a foulé la croisette de Cannes cette année, plusieurs festivaliers étaient ravis de savoir que le créateur du tube 'Gangnam Style' était parmi eux. Sauf que ce n'était pas le cas. Il s'agissait en fait de Denis Carré, un Français, qui a ainsi réussi à s'infiltrer dans bien des soirées VIP, jusqu'à ce qu'il se fasse pincer.

Il explique au HuffPost ce qui l'a vraiment motivé...

Ça vous était déjà arrivé avant de vous faire passer pour quelqu'un?

Non, pas que je sache. J'ai été le sosie de Psy ces six derniers mois, mais il y a une raison pour laquelle je dis sosie. Je me suis habillé comme lui ces dix dernières années, et quand les gens me prenaient pour lui dans la rue, c'était avant que je sache qui il était. Je porte la même veste et les mêmes lunettes de soleil depuis quatre ans. Et j'ai porté cette veste à Cannes parce que je l'ai toujours aimée, pas parce qu'elle ressemblait à la sienne. Nous avons les mêmes goûts.

Comment avez-vous eu l'idée, à l'âge de 34 ans, de vous faire passer pour l'inventeur du Gangnam Style?

C'était en fait l'idée d'amis et de proches, parce que c'était devenu assez perturbant. Je vivais à Dublin et tout le monde n'arrrêtait pas de me demander de faire des photos et de signer des autographes. C'était drôle au départ, mais ça a fini par ne plus l'être. Alors j'ai pensé que je pouvais soit être une victime soit utiliser cette ressemblance à mon profit. J'avais un choix à faire et je me suis dit : "Ok, on s'en fout, allons-y !"
Quand j'ai envoyé ma photo à une agence de sosies, ils m'ont demandé d'en envoyer une de moi, pas de Psy. Alors je leur ai dit que c'était moi. Et ma nouvelle carrière a commencé. Mais j'ai ressenti le besoin d'un peu plus de reconnaissance et Cannes s'est imposé.

Comment vous-êtes vous préparé?

Je devais avoir des agents de sécurité autour de moi et on devait être très visible. Par chance, l'un des meilleurs amis de mon manager est un homme influent en Suisse. Il nous a invité dans une boîte de nuit, où j'ai rencontré des gens travaillant dans la mode, et ils m'ont ouvert les portes de Cannes.
Alors quand je lis que j'ai fait tout ça pour pouvoir manger et boire gratis à Cannes, c'est faux. Tout avait été mis en scène. Je n'ai pas profité de qui que ce soit et je ne voulais contrarier personne. Si quelqu'un m'avait demandé si j'étais Psy, j'aurais répondu la vérité. Mais personne ne l'a fait. Techniquement, j'aurais pu dire que j'étais quelqu'un du Gangnam (la région de Corée du Sud d'où vient Psy), mais personne ne m'a demandé si j'étais Psy.
Je pense que le secret tenait à ces gens qui étaient si influents, que personne n'aurait osé leur demander. Ils ont juste eu à dire : "Regardez qui j'apporte avec moi" et cela a suffi à convaincre la plupart des gens. Bizarre mais vrai.

Etiez-vous nerveux ?

Nerveux, non. Excité, certainement. Une fois que j'ai décidé de m'embarquer dans cette aventure, j'ai décidé de la vivre pleinement, je suis venu dans l'idée d'amuser et de distraire les gens.

Avez-vous fait des erreurs ?

Une seule - j'étais en photo dans 'Vogue', et je tenais une cigarette, ce qui semble être la seule chose que le vrai Psy n'apprécie pas. Il a donné une interview dans laquelle il disait que j'avais franchi la limite, et je me suis excusé pour cet incident. Mais toutes les autres critiques viennent de ses fans pour la plupart.

Quand avez-vous su que vous étiez démasqué ?

Quand j'ai rencontré Naomie Harris du dernier James Bond. Elle a twitté : 'Je suis avec Psy' et ce tweet a été lu par le manager de Psy qui savait qu'il n'était pas là, il était à l'autre bout du monde. Je l'ai rencontrée à une soirée privée de Cannes et la rumeur s'est vite répandue.

Le referiez-vous ?

Oui, si c'était nécessaire. Le but était de faire un gros buzz, et il a définitivement été atteint. Je n'ai pas touché un centime pour tout ça, mais nous avons eu ce que nous voulions.

Le premier but était d'avoir plus de propositions, en prévenant le monde de mon existence, et ainsi aider ma propre carrière. Je viens juste de finir l'enregistrement de mon single que j'espère pouvoir sortir sous mon nom de scène, Jayone - c'est de la dance music, et j'espère qu'on l'entendra sur les dancefloors de France cet été.
Je continuerai à travailler comme sosie tant que ça marchera, mais c'est lui qui possède le talent, moi je ne suis qu'un imitateur : il est temps que je développe mon vrai moi.