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Lac-Mégantic: Québec pourrait poursuivre la MMA si elle refuse de payer sa part

11/07/2013 01:04 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT

LAC-MÉGANTIC, Qc - Québec n'exclut pas de poursuivre la compagnie ferroviaire dont un train a enflammé et dévasté le centre-ville de Lac-Mégantic si l'entreprise est trouvée fautive et ne ramasse pas volontairement une part de la facture, a dit la première ministre Pauline Marois lors de sa deuxième visite dans la petite ville de l'Estrie depuis la tragédie.

«S'il y a lieu, il y aura des poursuites», a-t-elle affirmé jeudi.

Mais il faut d'abord que les enquêtes se fassent, tout comme l'évaluation de l'ensemble de la catastrophe, a indiqué Mme Marois qui dit vouloir «commencer dans l'ordre».

Mercredi, en annonçant une somme préliminaire de 60 millions $ pour aider la ville et ses sinistrés, elle avait dit s'attendre à ce qu'Ottawa et la Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) fassent leur part.

«Nous avons indiqué à Ottawa que nous souhaitons qu'ils participent à l'aide que nous apportons».

«J'espère qu'ils répondront à l'appel», a lancé Mme Marois à l'intention du gouvernement Harper.

«Le fédéral va être là», a réitéré jeudi le ministre fédéral de l'Industrie Christian Paradis, aussi député de la ville touchée, qui se trouve depuis samedi à Lac Mégantic. Stephen Harper avait fait cette promesse aussi lors de sa visite.

Aucune somme n'a toutefois encore été avancée par Ottawa.

«Québec est le premier répondant», a-t-il expliqué, soulignant qu'il attendait une liste des besoins.

La population s'est réjouie de cette deuxième visite de leur première ministre en quelques jours.

Les résidants applaudissaient en la voyant, à la fois dans les rues de la ville et à la polyvalente ou demeurent les sinistrés.

«Merci, merci!», criaient-ils sur son passage.

Pauline Marois a réitéré jeudi ses promesses aux gens éprouvés de Lac-Mégantic.

«Le gouvernement du Québec est aux côtés des familles», a-t-elle dit.

Elle voulait aussi constater concrètement sur le terrain comment s'organisent les interventions, notamment sous l'égide du gouvernement et de la Sécurité civile. Elle a rencontré les pompiers, et aussi les enquêteurs qui s'occupent de l'enquête criminelle.

Mme Marois a notamment souligné que les différentes actions étaient bien coordonnées.

Elle a aussi rencontré la mairesse Colette Roy-Laroche — dont elle a salué le courage — pour détailler l'annonce faite par Québec pour aider lac-Mégantic à se relever.

Elle a réitéré que des «sommes plus importantes» seraient dégagées par la province. Dans les fonds déjà annoncés par Québec, il y aura notamment un chèque de 1000 $ qui sera remis aux habitants de chaque logement évacué. Les chèques seront remis à compter de lundi, a assuré la mairesse.

Mme Marois a aussi rencontré les sinistrés qui ont trouvé refuge à l'école polyvalente Montignac. Chaleureusement accueillie là aussi, elle a fait le tour des installations.

Elle a parlé aux gens et serré des mains, a déclaré un sinistré, Guy Allard, qui se trouvait à l'intérieur de l'école, un endroit non accessible aux médias.

«C'est important qu'elle soit venue», a ajouté l'homme. «Ça vient du coeur dans son cas».

Avant qu'elle ne remonte dans son véhicule, Raymond Lafontaine, ce père endeuillé qui est en voie de devenir l'un des visages du drame de Lac-Mégantic, l'a rattrapée.

Mme Marois s'est arrêtée un moment pour parler avec l'homme qui a perdu un fils, ses deux belles-filles et une employée. «Bon courage», a-t-on pu entendre lui dire, avant de l'embrasser sur les deux joues.

«C'est une femme superbe», a-t-il commenté après. «Elle a monté une marche, elle s'est levé au-dessus des autres et a dit: 'on va pas attendre 100 ans pour aider les gens'».

Pas juste des promesses, «elle a agi», a-t-il dit avec admiration.

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