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Lac-Mégantic: 600 citoyens de plus sont de retour à leur domicile

11/07/2013 04:12 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT
AP

LAC-MÉGANTIC, Qc - Les victimes de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic ont un premier visage: celui d'Éliane Parenteau, une dame de 93 ans dont le nom a été révélé jeudi alors que les autorités signalaient la découverte de quatre nouveaux corps.

Le bilan des dépouilles retrouvées est ainsi passé à 24, jeudi.

La Sûreté du Québec (SQ) continue de passer au peigne fin les décombres afin de retrouver les corps des 26 autres personnes disparues, désormais présumées mortes. L'espoir de retrouver d'autres corps est «bon», selon la SQ.

Aucun autre détail n'a été révélé sur Mme Parenteau. Les autorités refusent de dire où son corps a été retrouvé, ni comment elles ont pu l'identifier.

D'autres noms seront d'ailleurs bientôt dévoilés, affirme la porte-parole du bureau du coroner, Geneviève Guilbault, car tous mettent les bouchées doubles.

L'état d'urgence a aussi été déclaré jeudi dans la municipalité de Lac-Mégantic, cinq jours après le désastre. C'est la mairesse de la ville, Colette Roy-Laroche, qui en a officiellement fait l'annonce.

«Je me prévaudrai de tous les pouvoirs prévus à la loi», a-t-elle fermement dit.

Il s'agit d'une mesure administrative qui permet à la ville d'engager des contracteurs et de faire des achats sans passer par le lourd et long processus d'appels d'offres.

Le centre d'hébergement est aussi en voie de fermeture, a déclaré la mairesse. De plus en plus de gens sont autorisés à rentrer chez eux, ce qui diminue le besoin d'avoir un refuge.

Quelque 200 enquêteurs de la SQ sont toujours déployés sur le terrain afin d'assurer la sécurité des citoyens et de trouver des réponses à la catastrophe, a déclaré le directeur général du corps de police provincial, Mario Laprise.

Environ 50 pour cent du site dévasté a été fouillé jusqu'à maintenant, a indiqué Michel Forget, un inspecteur de la SQ.

Mais cela ne veut pas dire que 50 pour cent du travail a été fait, a-t-il prévenu. Car ce qui reste sont les zones les plus touchées par l'explosion et le brasier.

«Le plus dur est à venir, a-t-il lancé. Et le plus souillé», notamment, par le pétrole. Les zones névralgiques, plus difficiles d'accès, sont encore à faire, explique-t-il.

Un homme de 53 ans a par ailleurs été arrêté durant la nuit après avoir tenté d'entrer dans le périmètre de sécurité, a fait savoir Michel Forget. Des accusations seront portées contre l'homme, qui provient de l'extérieur de la région, s'est-il borné à dire.

M. Forget a par ailleurs nié les informations voulant que plusieurs résidences évacuées aient été pillées ou cambriolées. C'est une information complètement fausse, a-t-il insisté.

Plus tôt jeudi, la mairesse de Lac-Mégantic avait annoncé que plusieurs centaines de sinistrés supplémentaires pouvaient réintégrer leur domicile.

Environ 600 résidants évacués ont pu retourner à la maison jeudi. Sur les quelque 2000 évacués que comptait Lac-Mégantic dans les premières heures de la tragédie, il n'en reste plus que 200. Ils ne savent pas encore quand ils pourront réintégrer leur domicile.

Mme Roy-Laroche a par ailleurs remercié la première ministre Pauline Marois pour les efforts de son gouvernement pour venir en aide à sa municipalité et aux sinistrés.

Un contraste avec le traitement accordé à Edward Burkhardt, pour qui elle n'a pas été tendre.

Elle n'a finalement pas rencontré le dirigeant de Rail World, le principal actionnaire de la Montreal Maine & Atlantic (MMA) qui exploitait le train qui a déraillé.

Il avait sollicité une rencontre pour mercredi, qui a dû être annulée car M. Burkhardt a eu un contretemps, a expliqué la mairesse. Le rendez-vous n'ayant pas été reporté, la mairesse n'aura ainsi pas eu la chance de le rencontrer, ni de lui parler.

«Je suis vraiment choquée qu'il n'ait pas communiqué avec moi le plus rapidement possible».

La petite ville se transforme doucement en lieu de mémoire et de recueillement.

Jeudi soir, les familles des 24 morts et des 26 personnes présumées décédées se sont rassemblées à l'Église Ste-Agnès, qui, jusque-là, était située en zone inaccessible.

En début de soirée, des citoyens étaient déjà présents, discutant sur le perron de l'église.

Vendredi, celle-ci sera ouverte à tous ceux qui veulent aller commencer leur deuil, déposer des fleurs, ou simplement parler avec d'autres qui ont souffert comme eux depuis samedi.

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