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Ouverture du barrage de Lac-Mégantic: les riverains sur le qui-vive

11/07/2013 05:46 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT
Getty

L'ouverture progressive du barrage de Lac-Mégantic a débuté dans la nuit de mercredi à jeudi. Les municipalités qui puisent leur eau potable dans la rivière Chaudière retiennent leur souffle, car des hydrocarbures pourraient se déverser et contaminer davantage la rivière.

Les citoyens devront faire preuve de patience, explique le directeur général adjoint de la Ville de Saint-Georges en Beauce, Claude Poulin. « Ça prend de 10 à 20 heures avant que la nappe d'hydrocarbure se rende ici. Donc, au fur et à mesure que ça va arriver, il y a du pompage qui se fait. On sait que le ministère de l'Environnement a des points d'échantillonnage en amont, en aval, et maintenant tout le long jusqu'à Lévis », dit-il.

Plusieurs craignent que les hydrocarbures se déposent sur les berges lorsque le niveau de l'eau baissera.

Rien d'alarmant pour la Santé publique

Par ailleurs, Radio-Canada a mis la main sur des échantillons d'eau du ministère de l'Environnement, puisé à même la rivière Chaudière dimanche dernier, soit plus de 24 heures après la tragédie de Lac-Mégantic.

Des analyses effectuées par le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie, Émilien Pelletier, révèlent la présence de traces d'hydrocarbures jusqu'à Saint-Lambert-de-Lauzon, à des taux qui n'ont toutefois rien d'alarmant pour la Santé publique.

Des quantités plus importantes sont mesurées à la hauteur de Saint-Georges, où le taux est plus élevé que la norme en aval qu'en amont. Cette différence entre l'amont et l'aval du barrage s'explique, selon Émilien Pelletier, par le manque d'efficacité des estacades.

L'écotoxicologue insiste sur l'importance pour les municipalités de continuer à puiser l'eau ailleurs que dans la Chaudière pour éviter la contamination des réseaux de captation, difficiles à décontaminer.

L'ouverture du barrage de Lac-Mégantic devrait permettre la descente d'une partie des hydrocarbures, ce qui ne comporterait aucun risque pour la Santé publique. Émilien Pelletier note que les plantes sont les organismes vivants les plus sensibles à cette toxicité, mais qu'elles se régénèrent rapidement.

Mise en garde du MAPAQ

De son côté, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec interdit aux producteurs agricoles de puiser l'eau dans la rivière Chaudière pour nourrir leurs troupeaux.

Le vice-président de l'Union de producteurs agricoles, Mario Turenne, explique qu'il s'agit d'une mesure préventive, qui aura très peu de répercussions en Beauce, puisque la plupart des producteurs abreuvent leurs bêtes à partir de puits artésiens.

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