POLITIQUE

Lac-Mégantic: l'opposition ne s'entend pas concernant le rôle du fédéral dans la tragédie

10/07/2013 05:58 EDT | Actualisé 10/07/2013 06:00 EDT
CP

À quel moment peut-on critiquer le gouvernement et ses politiques quand survient une tragédie comme celle de Lac-Mégantic?

Si, pour le Nouveau Parti démocratique, l'opposition ne doit pas se gêner

à demander des comptes sur le champ, au Parti libéral du Canada, on croit qu'il est encore trop tôt, cinq jours après le drame, pour s'en prendre aux politiques de Stephen Harper.

Thomas Mulcair a dû essuyer de nombreuses critiques après son passage à Lac-Mégantic dimanche parce qu'il s'en est pris aux coupes du gouvernement conservateur dans le secteur du transport. Mais si c'était à refaire, il n'hésiterait pas à utiliser les mêmes mots.

"Moi, je pense que notre rôle d'opposition officielle, c'est de poser les questions que les gens sont en train de se poser et de demander des comptes au gouvernement. Et on va continuer de la faire", a-t-il tranché en entrevue de Paris, où il a notamment rencontré le premier ministre français Jean-Marc Ayrault.

"Quand nos priorités sont bien ordonnées, la dernière chose qu'on coupe, c'est la protection du public. Or, depuis qu'ils sont là, les conservateurs ont coupé l'inspection des aliments, la recherche et le sauvetage maritime, et l'inspection ferroviaire", a-t-il déploré.

Voilà une salve que le PLC, par la voix de son porte-parole en matière de Finances, Scott Brison, jugerait à nouveau prématurée.

"En ce moment, c'est le temps de soutenir ces familles qui font face à une tragédie énorme", a soutenu M. Brison, dont la famille du conjoint possède justement une maison dans la région éprouvée.

"Il y a une enquête maintenant et on doit attendre les résultats. Ce n'est pas le temps d'attaquer le gouvernement ou de proposer des changements sans (avoir) tous les faits", a-t-il soutenu.

Pour M. Mulcair, il est préoccupant que le nombre d'inspecteurs de Transports Canada soit resté le même au cours des dernières années, alors que le nombre de convois transportant du pétrole a grimpé de façon fulgurante.

"Plutôt que de couper, il fallait quand même que l'encadrement et la réglementation puisse suivre cette évolution-là, ce qui n'est de toute évidence pas le cas", a-t-il noté, insistant toutefois qu'il s'abstenait d'établir un lien de cause à effet dans le cas de l'accident de Lac-Mégantic.

Bloc québécois

Le chef du Bloc québécois Daniel Paillé a quant à lui demandé la tenue d'une commission parlementaire immédiatement pour prendre les décisions qui s'imposent à la suite du déraillement ferroviaire mortel de Lac-Mégantic.

Il estime que les parlementaires ne doivent pas attendre les résultats des diverses enquêtes qui sont en cours avant d'agir.

Car certains aspects régis par le Code du travail et le ministère des Transports peuvent et doivent être amendés dans les plus brefs délais, a plaidé le bloquiste, qui a rendu visite mercredi aux sinistrés de la catastrophe qui ont trouvé refuge à la polyvalente Montignac.

"Je veux rappeler au gouvernement à Ottawa qu'ils ont des responsabilités,

à partir de la garnotte qu'on trouve entre les dormants du chemin de fer jusqu'au Code du travail qui régit le transport ferroviaire interprovincial", a plaidé le politicien.

Même s'il a soutenu que ce n'était pas le temps de "tirer des cailloux" en direction du gouvernement conservateur, il a décoché une flèche à l'endroit du ministre fédéral des Transports Denis Lebel.

"Au lieu de dire qu'il y avait eu moins de déraillements, je pense qu'il aurait dû se garder une petite gêne", a-t-il suggéré.

Daniel Paillé a par ailleurs déploré le fait que les drapeaux n'aient pas été mis en berne pour honorer la mémoire des victimes du déraillement survenu le week-end dernier.

Ottawa a annoncé par la suite qu'il mettra les drapeaux des édifices fédéraux au Québec et de la Tour de la Paix en berne du 11 au 18 juillet.

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