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La justice égyptienne ordonne l'arrestation du chef des Frères musulmans

10/07/2013 02:37 EDT | Actualisé 09/09/2013 05:12 EDT
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CAIRO, EGYPT - DECEMBER 08: (CHINA OUT, SOUTH KOREA OUT) Muslim Brotherhood Supreme Guide Mohammed Badie speaks during a press conference on December 8, 2012 in Cairo, Egypt. Badie calls for dialogue following deadly clashes between Supporters of President Mohammed Morsi and anti-Morsi protesters outside the Egyptian presidential palace. (Photo by The Asahi Shimbun via Getty Images)

LE CAIRE (AFP) - La justice égyptienne a ordonné mercredi l'arrestation du Guide suprême et d'autres responsables des Frères musulmans, après les violences meurtrières de lundi au Caire, ajoutant à la tension prévalant depuis l'éviction du président islamiste Mohamed Morsi il y a une semaine.

Parallèlement, le nouveau Premier ministre, Hazem Beblawi, devait entamer des consultations pour former un gouvernement, afin de maintenir le processus de transition politique sur les rails malgré le lourd climat de défiance entre le camp des laïcs anti-Morsi et les partisans de l'ex-président.

Dans la rue, les deux camps, pro et anti-Morsi, restaient fortement mobilisés. Une manifestation "d'envergure" au Caire était annoncée par les Frères musulmans pour mercredi soir, premier jour du ramadan.

Une centaine de personnes ont été tuées depuis que l'ex-chef de l'État a été déposé le 3 juillet par l'armée, après des manifestations massives.

Mercredi, le procureur général a ordonné l'arrestation du Guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, et d'autres hauts responsables de la confrérie, qui sont accusés d'incitation à la violence, en lien avec les heurts sanglants survenus deux jours plus tôt devant le siège de la Garde républicaine au Caire, a-t-on indiqué de source judiciaire.

M. Badie, qui était apparu publiquement vendredi dernier au Caire pour exhorter les partisans de M. Morsi à rester mobilisés "par millions", était déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt.

D'après des sources judiciaires, 200 personnes --parmi les 650 interrogées pour avoir voulu forcer l'entrée du site militaire-- ont été inculpées mercredi, notamment pour "meurtre".

Survenu à l'aube, durant une manifestation de partisans de Mohamed Morsi, ces heurts, les plus graves depuis le début de la crise, ont fait 53 morts et 480 blessés, selon un dernier bilan du ministère de la Santé.

La confrérie, qui a appelé au "soulèvement" après ce "massacre", a accusé des soldats et des policiers d'avoir ouvert le feu sans aucune raison. L'armée a assuré avoir répliqué à une attaque de "terroristes armés".

Amnesty International (AI) et un collectif de 15 ONG locales ont pour leur part critiqué un usage "disproportionné" de la force, et réclamé une enquête indépendante.

"Même si certains manifestants ont pu se montrer violents, la réponse (de l'armée) a été disproportionnée et est à l'origine de décès et de blessures", a estimé AI.

Morsi "en lieu sûr"

Quant à Mohamed Morsi, arrêté dans la foulée de sa destitution, il ne fait "pour l'heure l'objet d'aucune poursuite" judiciaire, a assuré à des journalistes un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Badr Abdelatty. Il se trouve "en lieu sûr, pour sa propre sécurité, et il est traité dignement", a-t-il avancé.

Pendant ce temps, le nouveau Premier ministre --dont la nomination mardi soir a été accompagnée de celle du prix Nobel Mohamed ElBaradei à un poste de vice-président-- devait tenter de former dans les meilleurs délais un gouvernement.

Hazem Beblawi, 76 ans, vice-Premier ministre et ministre des Finances en 2011 durant la première période de transition post-Moubarak, aura la lourde tâche de favoriser la réconciliation et de redresser l'économie, au bord de la faillite.

La présidence a indiqué que M. Beblawi allait proposer "quelques postes" aux Frères musulmans, mais cette tentative de main tendue a été sèchement rejetée par la confrérie. "Nous ne pactisons pas avec des putschistes. Nous rejetons tout ce qui émane de ce coup" militaire, a dit à l'AFP Tareq al-Morsi.

La confrérie a également dénoncé le plan de transition présenté par le président par intérim Adly Mansour.

Ce cadre institutionnel provisoire prévoit, entre autres, l'adoption d'une nouvelle Constitution et la tenue de législatives d'ici début 2014. Dans l'attente, le pouvoir législatif reste entre les mains du président par intérim.

Le Front de salut national (FSN), une coalition laïque, et le mouvement Tamarrod, à l'origine des manifestations de masse ayant abouti à l'éviction du président Morsi, ont eux-mêmes émis des critiques.

La coalition est "en désaccord" avec "des articles" et "proposera" ses "propres amendements au président", a indiqué le FSN.

Les Etats-Unis, dont le soutien financier à l'Egypte --et en premier lieu à son armée-- avoisine les 1,5 milliard de dollars par an, ont dit être "prudemment encouragés" par le calendrier des élections.

Après les Emirats et l'Arabie saoudite, le Koweït a annoncé mercredi avoir accordé une aide de quatre milliards de dollars au Caire, portant à 12 mds USD le montant de l'assistance de ces trois pays du Golfe depuis l'éviction de Mohamed Morsi.

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