DIVERTISSEMENT

Juste pour rire: Komedy Majik Cho, jolie poudre aux yeux (VIDÉO)

10/07/2013 07:16 EDT

Avec son Komedy Majik Cho, Juste pour rire montre que la magie peut être drôle et, surtout, que celle-ci n’a pas de limites. Le spectacle animé par Arturo Brachetti et mis en scène par Serge Denoncourt, mettant en vedette des artisans d’un peu partout dans le monde, présenté en grande première mardi, prend des allures de cabaret grand public… mais pas trop. Tours rassembleurs et bon enfant côtoient blagues salaces et (faux) coups de fusil. Les tout-petits s’exclament de joie et les adultes, d’étonnement. Denoncourt avait promis que l’ensemble reflèterait autant « la belle magie » que « la magie de merde », et parole a été tenue. On a allègrement vogué d’un pôle à l’autre, avec aisance.

Brachetti a lui-même placé d’entrée de jeu la barre très haute avec un numéro dans lequel il nous a fait voyager à travers le monde en changeant de vêtements à une incroyable cadence, comme lui seul sait le faire. Simplement en passant dans une toute petite cabine, parfois à la vitesse de l’éclair, le fantaisiste nous a ainsi transportés, entre autres, au Japon, en Espagne, en Égypte, à Istanbul et aux États-Unis, non pas en modifiant seulement un ou deux accessoires, mais en opérant des métamorphoses de costumes très élaborées. Il était à peine 19h31, le public était déjà impressionné et en redemandait.

Le Français Theo Dari a ensuite épaté avec un jeu de laser aux effluves de science-fiction. Le rayon vert a pris différentes formes sous les mains de son maître, qui l’a séparé en deux, en mille, en a fait un éventail, et s’en est joué comme s’il s’agissait d’une feuille de papier. Au final, le résultat était spectaculaire.

En grande forme, Alain Choquette a sollicité les spectateurs, lesquels avaient préalablement reçu un jeu de cartes et l’édition du matin du Journal de Montréal. Ces objets lui ont servi de support pour réaliser ses prouesses interactives, qui ont généré quantité de « Oh! » et de « Ah! » Il fallait voir la tête des gens lorsqu’ils ont miraculeusement trouvé le nom du magicien, inséré à la page 59 du quotidien…

Tout de suite après, le jeune Vincent C. a prouvé qu’il pouvait faire la barbe à ses aînés, mais dans un style totalement différent et beaucoup plus corrosif. Entre deux commentaires impertinents, l’étoile montante a réussi à imprégner la salle d’une odeur de brûlé en s’amusant avec un jeu de cartes et une colombe, et à nous faire frissonner en divaguant une comptine tout en agitant nerveusement un couteau entre ses doigts, dangereusement posés devant lui. Il est plus tard revenu sur scène pour « changer de l’eau en pisse » et se déshabiller presque entièrement, un morceau à la fois, un cube rubik dans la bouche et un houla-hoop autour de la taille. Il a aussi fait son souffre-douleur de Luca Bono, un adolescent italien de 14 ans, « stagiaire » d’Arturo Brachetti (le garçon a plus tard démontré son savoir-faire en tripotant colombes et feuilles de papier). Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce Vincent C. ne manque pas d’audace.

Ernesto Planas a multiplié les confettis et les parapluies à l’infini, le duo Luchettino s’est figé en statues de cire, Darcy Oake s’est élancé dans le vide à partir d’une structure mouvante enflammée et le segment de conclusion, d’une formidable beauté, en a ébahi plusieurs par sa poésie et sa naïveté. Et Arturo Brachetti a offert, avant de saluer une dernière fois le parterre, un petit extra, un cadeau aux Québécois qui l’ont jadis si chaleureusement accueilli : une performance de dessin bien particulière sur l’air de Je reviendrai à Montréal, de Robert Charlebois.

« La magie est un mensonge qui dit toujours la vérité. La magie, c’est croire comme un enfant », déclarait l’hôte Brachetti en lever de rideau. On lui donne raison. Le Komedy Majik Cho nous jette une bien agréable poudre aux yeux, qui, on l’espère, nous obstruera le regard encore longtemps.

Le Komedy Majik Cho tient l’affiche de la Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau, dans le cadre du Festival Juste pour rire, jusqu’au 14 juillet. Pour plus d’informations, consultez le www.hahaha.com.

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