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Le pipeline plus sécuritaire que le train?

09/07/2013 10:37 EDT | Actualisé 08/09/2013 05:12 EDT

La tragédie de Lac-Mégantic relance le débat sur le transport pétrolier au pays. Au moment où les projets d'inversion du flux dans les pipelines d'Enbridge et de TransCanada font face à une vive opposition de la part des environnementalistes, des observateurs privilégient cette alternative au transport ferroviaire.

Le professeur en économie à HEC Montréal, Maurice Marchon est de ceux qui affirment sans hésitation que le transport par pipeline est plus sécuritaire que le train. Selon lui, l'accident sans précédent survenu à Lac-Mégantic illustre clairement cette hypothèse.

« Le développement vertigineux du transport de pétrole par train est arrivé dû au fait que les pipelines, notamment pour le transport du schiste aux États-Unis, n'ont pas été construits à temps. C'est une période transitoire, mais c'est clair qu'à long terme le transport du pétrole par pipeline est plus sécuritaire », affirme-t-il.

M. Marchon ajoute que le transport par pipeline touche aussi moins directement les communautés.

« On essaie de faire des trajets qui évitent les points névralgiques, les structures géologiques moins sécuritaires. Les pipelines peuvent éviter les centres-villes et contourner les villes et les points de population denses », dit-il.

Ces arguments sont réfutés point par point par Steven Guilbeault qui directeur principal d'Équiterre. Il croit au contraire que les pipelines font plus de dégâts, tout en menaçant les villes. Steven Guilbeault cite l'Agence internationale de l'Énergie qui révèle que bien qu'il y ait plus d'accidents de train en nombre, les quantités de pétrole déversées lors d'un incident par pipeline sont trois fois plus importantes.

« Pour vous donner une idée, entre 2006 et 2012 en Alberta seulement, il y a eu 28 millions de litres qui ont été déversés par pipelines. Je rappelle que l'accident de Lac-Mégantic, c'est 100 000 litres. Alors il faut faire très attention dans ce débat », affirme-t-il.

Steven Guilbaut rappelle également que le projet de pipeline d'Enbridge n'évite pas les milieux urbains et que des villes comme Montréal et Saint-Eustache seraient touchées par le tracé.

« S'il y avait un accident, c'est l'eau potable de 2 millions de personnes qui serait compromise », rappelle-t-il.

Les experts s'entendent toutefois sur un point : peu importe que le pétrole soit acheminé par train ou pipeline, l'entretien des infrastructures doit demeurer une priorité.

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