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Lac-Mégantic:des évacués autorisés à rentrer au bercail, d'autres non

09/07/2013 02:55 EDT | Actualisé 08/09/2013 05:12 EDT

LAC-MEGANTIC, Que. - Environ 1200 des quelque 2000 personnes qui avaient été évacuées à la suite de la tragédie ferroviaire survenue à Lac-Mégantic ont pu réintégrer leur domicile mardi.

Le retour au bercail était autorisé pour 610 unités de logement et une cinquantaine de commerces du secteur Fatima et d'une partie de ceux du secteur Cousineau, et il «s'est très bien déroulé compte tenu la complexité du processus de réintégration», a affirmé Christine Savard, coordonnatrice de l'Organisation régionale de la sécurité civile.

Dans un avis écrit accroché sur les portes des maisons et des commerces du secteur, l'organisme gouvernemental recommandait notamment aux occupants possédant un potager de ne pas consommer les fruits ou légumes «présentant des signes visibles d'altération» et d'aviser la municipalité si des odeurs suspectes persistent.

Claudette Gosselin est l'une de celles qui a pu regagner son coquet appartement, dans le secteur Fatima. Elle s'est réjouie de n'y détecter aucune odeur douteuse et de constater qu'aucun hydrocarbure n'avait souillé le plancher en bois de sa terrasse ou le revêtement extérieur de son immeuble.

«Il n'y a pas d'odeur d'huile; ça sent même le neuf! Tout est correct», lance-t-elle en riant.

Le fait que sa télévision ou sa ligne téléphonique soient toujours hors-service ne la perturbe pas le moins du monde, sachant pertinemment qu'elle fait partie des chanceux.

Quelque 800 résidants de n'ont toujours pas obtenu le feu vert pour rentrer chez eux.

L'impatience commence à se faire sentir chez certains d'entre eux. À l'issue du point de presse des autorités, mardi après-midi, un citoyen causé une mini-commotion en tentant de s'introduire dans le périmètre de sécurité où se trouve son logement.

Les agents de la Sûreté du Québec (SQ) et des intervenants psychosociaux, qui se trouvaient tout près, sont parvenus à calmer le jeu. «On a déjà assez perdu de monde comme ça», a fait valoir le lieutenant Daniel Campagna.

Les autorités ne veulent toujours pas spéculer sur une date de retour pour les personnes qui sont toujours sous le coup d'un ordre d'évacuation.

«C'est difficile à dire. On a une partie des secteurs qui sont sous enquête policière, alors ça va se faire graduellement», a expliqué Christine Savard.

De leur côté, Louis-Serge Parent et son épouse Thérèse Lachance sont résignés: ils sont convaincus qu'ils ne rentreront pas chez eux de sitôt.

Et ils croient bien savoir ce qui les attend. Selon les images qu'ils ont consultées sur Internet, leur résidence du centre-ville a été réduite en cendres.

«On n'a plus de domicile, mais notre moral est assez bon. On ne sait pas si on ve reconstruire, mais on est chanceux parce qu'on a réussi à sortir en vitesse (la nuit du déraillement)», a confié Mme Lachance.

Ils l'ont effectivement échappé belle. Lorsqu'ils ont vu le ciel s'embraser depuis la fenêtre de leur chambre à coucher, ils n'ont fait ni une ni deux et se sont sauvés en voiture.

«Ça fait un petit pincement. J'aurais aimé ça y retourner. Serge avait presque une galerie de peinture; quand les gens venaient chez nous, ils disaient qu'ils venaient visiter notre galerie», a lancé Thérèse Lachance.

Mais Louis-Serge Parent se considère chanceux. Il ne sait pas s'il reconstruira la maison, mais il sait que peu importe le toit sous lequel il se retrouvera, il sera en compagnie de son épouse. D'ailleurs, lorsque celle-ci s'éloigne pour discuter avec un élégant jeune homme à l'issue de l'entrevue, il s'exclamera: «J'ai peut-être perdu ma maison, mais là, je ne veux pas perdre ma femme!»

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