NOUVELLES

Égypte: un économiste nommé premier ministre; ElBaradei devient vice-président

09/07/2013 09:41 EDT | Actualisé 08/09/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Après plusieurs jours de blocage, le président par intérim de l'Égypte, Adly Mansour, a désigné l'économiste Hazem el-Beblawi au poste de premier ministre, et le leader de l'opposition pro-démocratique, Mohamed ElBaradei, comme vice-président.

Avec sa main de fer, l'armée a supervisé les tractations qui ont mené à ces nominations, ne se gênant pas pour avertir les forces en présence contre toute manoeuvre politique qui pourrait compromettre la transition.

Ces nominations arrivent peu de temps après que le président intérimaire eut dévoilé une feuille de route qui accélère le processus d'amendement de la Constitution et la tenue d'élections. Lundi, l'armée avait annoncé que les amendements seraient soumis à un référendum dans environ quatre mois et demi, et des élections législatives et présidentielle devraient suivre au début de 2014.

Cette succession d'annonces démontre la détermination de l'armée à instaurer un nouveau système politique, alors que les partisans des Frères musulmans continuent de faire campagne pour renverser la destitution du président Mohammed Morsi.

L'armée a forcé le départ du premier président démocratiquement élu, la semaine dernière, après quatre jours de manifestations monstres qui ont mobilisé des millions d'Égyptiens qui exigeaient son départ.

Les Frères musulmans rejettent le plan de transition, soutenant qu'il ne fera que ramener le pays à la «case départ» sur le plan politique. Ils demandent également à leurs partisans de continuer à manifester pour réinstaller au pouvoir le président destitué Mohammed Morsi, qui a longtemps été membre du mouvement.

Lundi, une cinquantaine de supporters de Morsi ont été tués par les forces de l'ordre lors d'un affrontement près d'une caserne militaire, illustrant plus que jamais le fossé qui sépare les islamistes de leurs opposants.

Les pays arabes situés en périphérie du golfe Persique — ouvertement opposés au régime des Frères musulmans en Égypte — ont rapidement démontré leur soutien aux nouveaux dirigeants du pays. Ils ont promis une aide financière pour donner un élan à l'économie égyptienne, grandement affaiblie par deux années et demie de turbulences qui ont débuté avec le limogeage de l'ancien président Hosni Moubarak.

La désignation d'un premier ministre était vue comme une étape déterminante dans la transition politique devant mener à un nouveau régime. Les négociations entre les factions libérale, laïque et les jeunes, ainsi qu'avec le seul parti islamiste soutenant le départ de Mohammed Morsi, ont toutefois frappé un mur pendant plusieurs jours.

La semaine dernière, M. ElBaradei était sur le point d'être désigné comme chef du gouvernement, mais les discussions ont été bloquées par le parti salafiste Al-Nour impliqué dans la transition politique.

M. ElBaradei est l'une des personnalités politiques réformistes les plus influentes d'Égypte, mais il est vertement critiqué par les islamistes, qui le considèrent «trop» laïque.

M. El-Bablawi, âgé de 76 ans, a rapidement appelé au dialogue entre les nouveaux dirigeants du pays et leurs opposants islamistes. «Tous les groupes en Égypte doivent accepter de s'asseoir ensemble pour trouver une solution aux divergences politiques, pour arrêter les violences et le bain de sang dans les rues», a-t-il déclaré à l'Associated Press.

M. El-Bablawi a été ministre des Finances dans l'un des premiers cabinets formés après le soulèvement qui a mené au renversement de l'ancien dictateur Hosni Moubarak, en 2011. L'armée avait pris les commandes du pays après son départ. Il avait démissionné en octobre 2011, après que 26 manifestants, en majorité chrétiens, eurent été tués dans l'assaut des forces de l'ordre contre une manifestation.

PLUS:pc