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Égypte: un économiste nommé premier ministre, ElBaradei vice-président

09/07/2013 11:47 EDT | Actualisé 08/09/2013 05:12 EDT
AFP

L'économiste Hazem Beblawi a été chargé mardi de diriger le gouvernement de transition en Egypte, six jours après la déposition par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, point de départ de violences meurtrières à travers le pays.

Un temps pressenti pour devenir Premier ministre, le Prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei, figure de l'opposition laïque, devient lui vice-président en charge des relations internationales, a précisé le porte-parole de la présidence.

Ces annonces sont survenues alors que les Frères musulmans enterraient mardi les dizaines de manifestants tués la veille lors d'un rassemblement pro-Morsi au Caire. Si les Frères ont appelé au "soulèvement" après ce "massacre", aucun incident n'a été rapporté.

Le nouveau Premier ministre est un économiste de tendance libérale, âgé de 76 ans, qui a fait une longue carrière dans des institutions économiques, égyptiennes et internationales.

Hazem Beblawi a été vice-Premier ministre et ministre des Finances en 2011, durant la période de transition sous la direction militaire ayant suivi la chute de Hosni Moubarak.

Il aura la lourde tâche de redresser une économie en proie à une chute du tourisme, un effondrement des investissements étranger et une chute de ses réserves de devises notamment.

Peu après cette nomination, l'armée a mis en garde contre toute perturbation dans le "délicat et complexe" processus de transition, dans une déclaration publique.

Le choix de M. Beblawi intervient après plusieurs jours de discussions et le retrait du principal parti salafiste, al-Nour --qui avait soutenu le coup militaire au côté de mouvements majoritairement laïques-- en raison des violences ayant tué des dizaines de pro-Morsi au Caire.

Dans une tentative de relance de la transition, le président par intérim, Adly Mansour, a émis dans la nuit de lundi à mardi une déclaration prévoyant une réforme de la Constitution de 2012.

Le texte amendé devra être validé par référendum avant la tenue d'élections législatives d'ici début 2014.

Mais un haut responsable des Frères musulmans a rejeté cette déclaration: "Un décret constitutionnel par un homme nommé par des putschistes... ramène le pays à la case départ", a commenté Essam al-Erian, sur son compte Facebook.

Le groupe Tamarrod, à l'origine de la contestation contre M. Morsi, a de son côté exprimé des réserves, et déclaré préparer avec des experts une série d'améliorations.

Funérailles sous haute tension

Dans le même temps, des funérailles des victimes de lundi étaient prévues à travers le pays, dans un climat d'extrême tension prévalant depuis la destitution par l'armée le 3 juillet du président islamiste, trois jours après des manifestations monstres d'opposition.

Les violences de lundi matin lors d'une manifestation pro-Morsi devant le siège de la Garde républicaine au Caire ont fait au moins 51 morts et 435 blessés, selon les services d'urgences.

Les Frères musulmans ont publié une liste de leurs 42 partisans tués, tandis que police et armée ont fait état de trois morts dans leurs rangs.

Selon la confrérie, des soldats et des policiers ont ouvert le feu sans raison contre les manifestants. Leur bras politique, le parti de la liberté et de la justice (PLJ), a appelé au "soulèvement" et mis en garde contre "l'apparition d'une nouvelle Syrie".

L'armée a dit avoir répliqué après une attaque de "terroristes armés".

"Cela n'était pas une manifestation pacifique", les partisans de M. Morsi ont utilisé "des mitraillettes et des pistolets", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Badr Abdelatty.

Le président par intérim a ordonné l'ouverture d'une enquête.

Mardi, une source judiciaire a indiqué à l'AFP que 650 personnes soupçonnées d'avoir voulu entrer de force dans le bâtiment de la Garde républicaine étaient interrogées.

Dès lundi, les autorités ont décidé de fermer le siège du PLJ au Caire en raison de la découverte "de liquides inflammables, de couteaux et d'armes", selon un haut responsable de sécurité.

Malgré un appel de l'armée à lever les sit-in, des islamistes ont manifesté lundi soir dans plusieurs villes et, mardi matin, des milliers de pro-Morsi étaient encore devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, où le rassemblement dure depuis près de deux semaines.

Les capitales mondiales ont manifesté leur vive inquiétude après les dernières effusions de sang, alors qu'en moins d'une semaine les heurts à travers le pays ont fait une centaine de morts.

Mardi, les Etats-Unis, qui avaient exprimé leurs craintes face aux violences, ont toutefois affirmé être "prudemment encouragé" par le calendrier des élections.

Les Emirats arabes unis sont eux devenus le premier pays à apporter une aide financière --à hauteur de trois milliards de dollars-- à l'Egypte, une semaine après avoir bien accueilli la mise à l'écart de Mohamed Morsi.

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