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Deux nouveaux corps retrouvés dans les décombres à Lac-Mégantic

09/07/2013 08:49 EDT | Actualisé 08/09/2013 05:12 EDT

LAC-MÉGANTIC, Qc - Deux nouveaux cadavres ont été retrouvés dans les décombres du centre-ville de Lac-Mégantic, portant à 15 le nombre de décès confirmés à la suite de la tragédie ferroviaire de samedi, qui fait depuis l'objet d'une enquête criminelle «sans précédent».

Environ 35 personnes sont toujours considérées disparues par la Sûreté du Québec (SQ).

Quelque 200 policiers de la force policière, dont une soixantaine d'enquêteurs, travaillent jour et nuit sur la scène de l'accident afin de retrouver et d'identifier les victimes de la catastrophe, a-t-on indiqué mardi en fin d'après-midi.

Malgré le degré de dévastation des lieux, les policiers n'abandonnent pas.

«On a espoir de trouver d'autres corps», a déclaré mardi l'inspecteur Michel Forget de la SQ.

Certains éléments, que la police n'a pas voulu divulguer, font que les enquêteurs n'écartent pas la possibilité d'un acte criminel ou d'une négligence criminelle.

Personne n'a encore été arrêté et la SQ affirme qu'elle est à la recherche d'éléments de preuve potentiels qui pourraient permettre le dépôt d'accusations criminelles.

«Je ne vais pas spéculer sur les éléments que nous avons retrouvés parce qu'ils sont secrets», a dit fermement l'inspecteur Forget. Il a toutefois indiqué qu'il ne croyait pas que le drame avait été causé par des actes terroristes.

L'accès au périmètre de sécurité du centre-ville de Lac-Mégantic est toujours interdit aux citoyens. L'endroit est décrit comme une «scène de crime» et la SQ soutient que les contrevenants s'exposent à des accusations criminelles.

Un camion-remorque jaune bloque la vue sur la scène de l'accident depuis mardi matin, dissimulant encore plus le travail des enquêteurs.

Une poignée de résidants évacués sont venus manifester leur mécontentement et ont crié leur indignation aux abords du point de presse, mardi en fin d'après-midi. Frustrés de ne pas encore avoir accès à leur logis, ils jugent que les autorités accordent plus de leur temps aux médias qu'à eux.

«Ça fait des jours qu'on vit sous le stress», a affirmé une vieille dame, qui semblait épuisée, avant d'éclater en sanglots.

«On a hâte de rentrer chez nous», a indiqué un homme, pour expliquer leur interruption.

Des responsables des services sociaux ainsi que des agents de la SQ, présents sur les lieux, ont calmé les évacués.

La colère des citoyens risque de se fait sentir encore mercredi, alors que le président de la compagnie ferroviaire Maine Montreal and Atlantic (MMA) est attendu dans la petite ville de Lac-Mégantic.

Edward Burkhardt, le président de Rail World, la maison mère de la MMA, a pour sa part révélé mardi dans une entrevue à Radio-Canada que son entreprise avait déjà modifié certaines de ses procédures, comme le processus de changement d'employés près de Lac-Mégantic.

Il a aussi suggéré que le fait d'assigner un seul employé par convoi ferroviaire, et de laisser les trains sans surveillance, pourrait être revu.

«Je crois que nous avons suivi les pratiques de l'industrie», a déclaré M. Burkhardt au journaliste de Radio-Canada. «Mais la question est: est-ce que les pratiques normales de l'industrie sont adéquates dans les circonstances d'aujourd'hui, surtout lorsqu'il y a transport de matières inflammables comme du pétrole?», a-t-il ajouté.

Avenir de Lac-Mégantic

La mairesse de la ville, Colette Roy-Laroche, a lancé un véritable cri du coeur mardi.

«Ne nous abandonnez pas», a-t-elle demandé aux vacanciers potentiels de sa ville.

«Le plus beau cadeau que vous pouvez nous faire, c'est de ne pas annuler vos réservations», a poursuivi Mme Roy-Laroche. Tous les attraits touristiques sont fonctionnels et l'eau du lac n'est pas contaminée, a-t-elle assuré, voulant minimiser les pertes financières pour les entreprises de sa ville, comme les campings et les auberges.

Car la mairesse craint que les compagnies locales ne ferment leurs portes ou ne quittent la municipalité, et que ses citoyens, déjà éprouvés par la tragédie, ne perdent en plus leurs emplois.

Sa ville fait face à de nombreux enjeux économiques, notamment avec la destruction quasi complète de son centre-ville après l'explosion du convoi ferroviaire de la compagnie MMA.

«Certains ont tout perdu», a-t-elle souligné.

Elle s'attend à ce que sa municipalité connaisse de lourdes pertes financières.

La mairesse dit être en communication avec Québec et Ottawa et que les deux gouvernements ont promis de l'aide financière à sa municipalité. Mais pas de montant d'argent.

«On espère que cela va être à la hauteur de nos besoins», a-t-elle déclaré.

Le retour de centaines de citoyens de Lac-Mégantic à leur domicile s'est déroulé sans anicroches, a par ailleurs révélé mardi la Sécurité civile. Au total, les propriétaires de 610 unités de logement et d'une cinquantaine de commerces ont été autorisés à revenir chez eux.

Le rétablissement de certains services, tels l'électricité et la téléphonie, se fait graduellement.

Quelque 800 personnes, qui habitent les secteurs les plus près du drame, attendaient toujours mardi de pouvoir rentrer à la maison.

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