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Rail World-Montreal Maine & Atlantic, s'était déjà fait taper sur les doigts

08/07/2013 03:58 EDT | Actualisé 07/09/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Rail World Inc, maison-mère de compagnie Montreal Maine & Atlantic Railway, est sous la loupe médiatique depuis le tragique déraillement de train de Lac-Mégantic. D'autant que la société n'en était pas à son premier accident.

Cette entreprise de l'Illinois, incorporée depuis 1999, est dirigée par Ed Burkhardt, un vétéran de l'industrie ferroviaire. Si le gestionnaire a reçu le prix du cheminot de l'année par le magazine Railway Age à l'époque de sa précédente compagnie Wisconsin Central, il doit désormais affronter la colère du public et un tsunami médiatique.

L'objectif de sa Rail World: «promouvoir la privatisation de l'industrie ferroviaire en rapprochant les instances gouvernementales souhaitant vendre leur part et le capital d'investissement et les habiletés entrepreneuriales», selon son site web.

M. Burkhardt acquiert en 2003 Bangor and Aroostook Railroad, une société centenaire qu'il rebaptise Montreal Maine & Atlantic (MMA). Ses convois parcourent près de 820 kilomètres à travers le Maine, le Vermont et le Québec, et passent à travers un chapelet de petites municipalités, dont bien évidemment, Lac-Mégantic. La compagnie opère une quinzaine de trains au quotidien, possède une flotte de 26 locomotives et 170 employés.

Selon le site Internet de l'entreprise, les activités de Rail World s'étendent aussi à l'Europe. Ainsi, M. Burkhardt a géré la privatisation des chemins de fer en Estonie en 2001 et il dirige le conseil de surveillance de Rail Polska, à Varsovie, en Pologne.

En entrevue dans les médias, M. Burkhardt répète que sa compagnie a un bon dossier en matière de sécurité.

Mais sa compagnie compte à son actif d'autres incidents. Le 10 juin dernier, 13 000 litres de diesel qu'elle transportait se sont déversés à Frontenac, non loin de Lac-Mégantic, sur une section de 250 kilomètres. Il s'agissait d'un second déraillement en quelques jours.

Le 2 octobre 2009, sur le site de maintenance de l'entreprise à Milo, dans le Maine, une fuite émanant d'un réservoir s'est écoulé dans le sol pour finalement contaminer la rivière Piscataquis. L'entreprise a accepté de payer une amende de 30 000 $US à l'Environmental Protection Agency (EPA) en avril 2011 en lien avec cet incident.

«Il est beaucoup plus facile et moins cher de prévenir la pollution avant qu'elle survienne», avait alors sermonné un administrateur régional de la EPA, Curt Spalding.

La U.S. Pipeline and Hazardous Materials Safety Administration rapporte huit incidents en lien avec des produits dangereux avec la MMA depuis février 2005.

Caisse de dépôt

Lundi, la Caisse de dépôt et placement du Québec a émis un communiqué dans lequel on apprend qu'elle a perdu 7 millions $, après avoir été actionnaire minoritaire au moment de la fondation de la MMA, en 2003.

Elle avait ainsi effectué un investissement initial de 14,7 millions $, soit 7 millions $ en capital-actions et 7,7 millions $ en prêts. Si elle a pu se faire rembourser son prêt, en date du 31 décembre 2012, l'évaluation de la valeur de la détention de la Caisse était quasi nulle, soit environ 1000 $.

La Caisse a par ailleurs nommé un administrateur au conseil d'administration de l'entreprise, Yves Bourdon, un ancien gestionnaire du CN.

«Toutes les pensées des gens de la Caisse sont avec la population de Lac-Mégantic et leurs familles», écrit la Caisse dans son communiqué, ajoutant qu'elle fera un don de 100 000$ à la Croix-Rouge, qui vient en aide aux résidants de Lac-Mégantic.

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