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Rail: l'UMQ voudrait une révision des normes et des infrastructures maintenant

08/07/2013 04:01 EDT | Actualisé 07/09/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La tragédie de Lac Mégantic ramène à l'avant-scène un malaise qui habite presque toutes les municipalités québécoises, soit celui d'avoir un chemin de fer en plein coeur de leur communauté.

«Nos villages et nos villes, au Québec, se sont développés autour de deux institutions: la gare et l'église», rappelle le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Rimouski, Éric Forest.

«Ce qui s'est passé à Lac-Mégantic, on nous aurait présenté un film avec ce scénario-là, nous aurions dit: voyons donc, ça n'a pas de bon sens, ça ne pourrait jamais arriver, c'est comme un mauvais film. Et pourtant, c'est ce qui est arrivé et on regarde l'impact et les conséquences de cette tragédie, on doit maintenant réagir en conséquence et s'assurer d'intervenir sur les choses qu'on peut contrôler à court terme», a soutenu M. Forest.

Selon lui, cette catastrophe démontre la nécessité de se pencher sur le secteur ferroviaire, particulièrement le transport de marchandises, afin de voir si ses obligations en matière de sécurité se sont adaptées à la réalité d'aujourd'hui.

«Les normes existantes sont en fonction de quelle réalité? Les protocoles de sécurité? Quand on prend un avion, on peut être seulement trois passagers, ça prend quand même deux pilotes, souligne-t-il. Quelles sont les exigences de sécurité pour un train qui transporte un convoi de pétrole ou de produits chimiques? Il faut qu'on les réactualise, qu'on les révise et qu'on voie si c'est adapté.»

Il fait valoir que le transport non seulement d'hydrocarbures mais aussi de produits chimiques et toxiques divers par rail a connu une croissance fulgurante au fil des dernières années et n'est pas convaincu que les normes devant encadrer ces transports aient suivi la cadence.

De plus, il souhaite que les autorités compétentes passent au peigne fin les infrastructures ferroviaires et le matériel roulant afin de s'assurer qu'ils ne présentent pas de risque indu pour les populations.

Il estime que ces démarches sont parfaitement envisageables à court terme et fait valoir que l'industrie aérienne a été mise à jour de manière beaucoup plus structurée, en synchronisme avec son évolution.

M. Forest croit même qu'il faudra éventuellement se pencher sur le bien-fondé de maintenir des voies ferrées pour le transport de matières dangereuses dans des zones habitées sensibles.

«À long terme, est-ce que c'est envisageable de déplacer ces voies ferrées? Elles traversent à peu près tous les villages et toutes les villes... Il est clair que tout est envisageable mais il faudra voir en termes relatifs de coût-bénéfice jusqu'où on peut se rendre. C'est peut-être un objectif qu'on peut voir à très long terme», a-t-il indiqué.

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