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Les entreprises canadiennes restent prudentes dans leurs investissements

08/07/2013 12:32 EDT | Actualisé 07/09/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Les compagnies canadiennes attendent que la reprise économique s'accélère avant d'investir davantage et d'engager de nouveaux employés, a indiqué lundi la Banque du Canada dans sa plus récente enquête sur les perspectives des entreprises au Canada.

L'enquête, réalisée chaque trimestre par la Banque auprès de 100 sociétés représentatives du milieu des affaires canadien, montre que les dirigeants des compagnies sont peu enclins actuellement à effectuer le genre d'investissements qui pourraient raffermir la croissance économique.

La Banque du Canada a déjà recommandé aux entreprises d'investir davantage pour mieux se positionner en prévision de la reprise économique mondiale lorsque cette dernière surviendra.

Mais les résultats de l'enquête laissent plutôt croire que les dirigeants d'entreprises préfèrent attendre de pouvoir constater par eux-mêmes l'arrivée de la reprise avant d'investir de façon importante.

«Les attentes demeurent modestes en ce qui concerne les perspectives économiques», a observé la banque centrale dans son rapport. «Les répondants se disent toujours préoccupés par les perspectives de la demande intérieure.»

«Si un grand nombre d’entre eux estiment que l’amélioration graduelle de la demande aux États-Unis est prometteuse pour leurs ventes futures, ils prévoient en général que l’économie américaine progressera lentement au cours des 12 prochains mois et que la concurrence restera vive sur les marchés de ce pays.»

Au sujet des intentions d'investissements, le solde des opinions — bien que toujours positif — a diminué pour la troisième fois de suite. Quelque 35 pour cent des répondants ont indiqué s'attendre à une augmentation de leurs dépenses dans les 12 prochains mois, mais 26 pour cent ont répondu le contraire et 39 pour cent s'attendaient à ce que leurs dépenses soient stables.

Le solde positif des intentions vis-à-vis des investissements était de neuf points de pourcentage, un de ses plus faibles niveaux depuis le début de la reprise en 2009.

«De nombreuses firmes ont encore déclaré que l’incertitude au sujet de l’économie les avait amenées à reporter certains projets actuels ou futurs, ou à gérer les risques en ciblant de nouveaux segments de la demande ou en optant pour des investissements nécessitant des dépenses en capital moins élevées», a noté la Banque du Canada.

En outre, pour ce qui est des prévisions de ventes, le nombre de firmes qui s'attendent à ce que la croissance de la prochaine année soit plus faible que celle des 12 derniers mois est pratiquement le même que celles qui misent sur une accélération des ventes.

Selon l'économiste Peter Buchanan, de la Banque CIBC, les analystes s'attendaient à ce que les entreprises se montrent plus optimistes sur la question des ventes futures. Le solde des opinions positives est plutôt passé de 24 points de pourcentage au printemps à neuf points pour la plus récente enquête.

«La plus récente enquête sur les perspectives des entreprises montre que les sociétés se font plus prudentes compte tenu de l'irrégularité récente de la croissance, de la faiblesse des prix des matières premières et de la volatilité du marché», a-t-il écrit dans une note à ses clients.

L'enquête comprenait quelques éléments légèrement prometteurs pour le marché de l'emploi.

Les intentions d'embauche se sont quelque peu améliorées par rapport à l'enquête du printemps, mais la Banque du Canada a averti que les perspectives n'étaient pas solides pour autant. Un «certain nombres d'entreprises» ont dit s'attendre à n'apporter que quelques changements mineurs à leurs effectifs au cours des 12 prochains mois.

Au cours de la première moitié de l'année, l'économie canadienne a vu la création de 13 600 emplois par mois en moyenne, un rythme pratiquement moitié moins important que pendant les six mois précédents, a indiqué vendredi Statistique Canada dans ses plus récents chiffres à ce sujet.

En outre, la plupart des entreprises ont indiqué qu'elles avaient un nombre suffisant de travailleurs pour répondre à la demande actuelle, tandis que seulement 20 pour cent d'entre elles ont dit faire face à des pénuries d'employés.

Le pourcentage d'entreprises faisant état d'une pénurie de travailleurs a reculé lors des quatre dernières enquêtes trimestrielles.

Dans une enquête distincte réalisée auprès des responsables du crédit, la banque centrale a indiqué que les conditions du crédit avaient continué de s'assouplir, mais elle a noté que ses résultats n'étaient peut-être déjà plus valides. L'enquête s'est tenue du 10 au 14 juin, mais depuis cette période, les taux d'intérêt ont augmenté dans divers marchés, a expliqué la banque.

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