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Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, démissionne

08/07/2013 11:11 EDT | Actualisé 07/09/2013 05:12 EDT

STEINBACH, Man. - Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, a annoncé sa démission et son départ de la vie politique.

M. Toews a confirmé lundi qu'il quittait son poste de député de Provencher, au Manitoba, au cours d'une entrevue accordée à une station de radio de sa circonscription.

La rumeur de son départ circulait depuis quelques jours, alors que le premier ministre s'apprêterait à effectuer un remaniement ministériel, probablement ce mercredi.

«Je vais me concentrer sur ma famille et me tourner vers le secteur privé», a-t-il aussi fait savoir, par voie de communiqué.

Âgé de 60 ans, Vic Toews a été élu pour la première fois en 2000, sous la bannière de l'Alliance canadienne, puis réélu à quatre reprises. Lors des dernières élections fédérales, en mai 2011, il a recueilli un peu plus de 70 pour cent des suffrages exprimés.

Avant de se voir confier le ministère de la Sécurité publique, M. Toews a aussi été solliciteur général, ministre de la Justice et président du Conseil du trésor à deux reprises.

«Je suis en politique depuis longtemps», a-t-il déclaré sur les ondes de la station de radio CHSM à Steinbach, au Manitoba.

«L'un des engagements que j'ai pris envers mon épouse est que d'ici à ce que notre jeune fils entre à l'école, j'aurai quitté la politique. Il entre en première cette année et je crois qu'il est temps de partir.»

M. Toews dit quitter la vie publique «à un moment où je crois que notre pays est plus sensible aux besoins des victimes, plus solide sur le plan fiscal, et plus sécuritaire pour les citoyens et les prochaines générations de Canadiens».

La Fédération canadienne des contribuables a indiqué que l'ex-ministre recevra une pension de 79 584 $ par année, ajustée à l'inflation.

Dans un message publié sur Twitter, le premier ministre Stephen Harper a remercié M. Toews pour ses services, lui souhaitant ses meilleurs voeux pour l'avenir.

M. Toews a été une personnalité politique qui a rarement laissé indifférent. Le Globe and Mail a d'ailleurs désactivé la section des commentaires de l'article annonçant sa démission en raison «d'un nombre très important de lecteurs publiant des déclarations offensantes à propos d'autres commentateurs ou d'individus mentionnés dans ce texte».

Lors d'un débat, en février 2012, sur un projet de loi touchant à la surveillance en ligne, l'ex-ministre avait lancé à un porte-parole libéral qu'il pouvait «être de notre côté ou du côté des pornographes infantiles». Il avait plus tard quelque peu adouci ses propos.

Sa vie privée a également été étalée au grand jour ce même mois, lorsqu'un employé du Parti libéral avait publié des extraits de son divorce houleux à l'aide d'un compte Twitter.

Le porte-parole néodémocrate en matière d'éthique, Charlie Angus, a dit croire que M. Toews ne léguerait pas d'héritage politique très enviable.

«M. Toews a été en politique pendant plusieurs années. Malheureusement, je pense que nous avons vu trop souvent de la rancune et un manque de vision plutôt que de la dignité. Je pense que c'est tout ce que je peux dire au sujet de M. Toews.»

Sheldon Kennedy, un ancien joueur de hockey de la LNH qui a été agressé sexuellement par l'entraîneur Graham James et défend désormais les victimes, affirme que l'héritage de M. Toews est solide.

Lorsque les médias ont rapporté que James — qui a agressé à répétition, et pendant des années, plusieurs joueurs dont il était responsable — avait discrètement obtenu un pardon, M. Toews a agi rapidement pour s'assurer que cela n'arriverait plus jamais en modifiant la loi, a observé M. Kennedy.

«D'être capable d'éliminer les pardons pour les agresseurs sexuels, je crois que c'est quelque chose de très important», a-t-il ajouté.

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