EN DIRECT - La Sûreté du Québec annonce que huit nouveaux corps ont été récupérés, faisant passer le bilan provisoire à 13 victimes. Après révision de la liste des personnes portées disparues, les autorités indiquent qu'environ 50 personnes sont sur cette liste, laquelle inclue les 13 victimes qui n'ont pas encore été identifiées.

L'ensemble du territoire incendié est maintenant accessible aux policiers, qui sont toujours une centaine sur les lieux.

Cinq corps ont été transportés dans les locaux du laboratoire de science judiciaire et de médecine légale afin qu'ils soient identifiés, a indiqué la porte-parole du Bureau du coroner, ajoutant qu'une anthropologue judiciaire arrivera à Lac-Mégantic afin d'appuyer trois odontologistes qui travaillent à l'identification des victimes.

La Sûreté du Québec a par ailleurs indiqué que l'enquête progresse, sans fournir plus de détails à ce sujet.

Un peu plus tôt en après-midi, la Sécurité civile et la municipalité de Lac-Mégantic ont annoncé qu'un plan de réintégration des secteurs évacués sera présenté dès mardi matin.

Deux jours après la catastrophe qui a dévasté le centre-ville de la petite municipalité de 6000 habitants, en Estrie, la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, a indiqué lundi après-midi que le plan qui sera présenté mardi touchera un peu plus de 1500 personnes, qui pourront donc regagner progressivement leur domicile au cours des prochains jours.

La majorité de ces personnes sont présentement hébergées chez des proches.

La mairesse Roy-Laroche a par ailleurs indiqué avoir rencontré le PDG de la compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), et que cette première rencontre a été « satisfaisante ».

Elle n'a toutefois pas voulu indiquer si elle envisageait de poursuivre l'entreprise, soulignant que les décisions sont prises par le conseil municipal.

Pendant ce temps, plusieurs résidents se préparent à vivre des moments difficiles, alors que les enquêteurs amorcent le travail d'identification des corps retrouvés.

En point de presse lundi matin, la Sûreté du Québec a déclaré que le bilan des victimes s'établissait toujours à cinq morts et à une quarantaine de personnes disparues. La police et le Bureau du coroner ont par ailleurs précisé que le processus d'identification des victimes retirées des décombres nécessitera du temps.

« Ça va être un travail qui va être long [...] L'idée étant de constituer une liste de personnes potentiellement décédées et de recueillir des données ante mortem, de l'ADN, pour faire des recoupements et des identifications. » — Geneviève Guilbault, bureau du coroner

Au moins deux des cinq corps retrouvés dimanche ont été transportés à Montréal, au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, pour y subir une autopsie. Les trois autres dépouilles seront aussi transportées à Montréal. Aucune autopsie ne sera effectuée sur place, ont précisé les autorités.

Hier, la porte-parole du Bureau du coroner, Geneviève Guilbault, a expliqué que les graves brûlures sur les corps compliquaient le travail d'identification des victimes. Il n'est « pas impossible » que certains corps ne soient pas identifiés du tout, mais « tous les moyens nécessaires seront utilisés », a-t-elle assuré.

La situation s'améliore lentement

Outre les incendies dans la ville qui ont été maîtrisés dimanche par les pompiers après une quarantaine d'heures de travail, la situation se stabilise progressivement dans les rues de Lac-Mégantic.

En ce qui a trait à la qualité de l'eau potable et de l'air et à la contamination des sols, la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, a assuré les citoyens que les réservoirs d'eau potable de la ville étaient à des niveaux acceptables et que la qualité de l'eau potable était bonne. L'avis d'ébullition est maintenu en raison du protocole établi en cas de bris d'aqueduc. Les zones visées par cet avis sont Lac-Mégantic, Nantes et le secteur Frontenacier.

Par contre, le pétrole lourd qui s'est déversé dans le lac Mégantic préoccupe davantage les autorités. D'importantes quantités de carburant ont migré dans les cours d'eau de la région, notamment dans tout le bassin de la rivière Chaudière.

Quant à la qualité de l'air à Lac-Mégantic et dans les environs, les autorités ont annoncé que la situation était revenue à la normale et que tout danger lié à des émanations ou à des polluants répandus dans l'air était écarté.

Les milliers de litres de pétrole brut qui ont brûlé pendant 40 heures dans la ville ont quant à eux généré des retombées de cendres, de suie et des résidus huileux qui se sont déposés au sol dans la ville. L'ampleur et le nettoyage de ces résidus font encore l'objet d'une évaluation, selon les autorités environnementales déployées sur place.

Dur retour à la maison pour certains

Dimanche, une partie du périmètre de sécurité a été levé, si bien que les résidents habitant entre la rue Pie-XI et la rue Cousineau ont pu réintégrer leur domicile.

Les autres ont dû se débrouiller pour passer la nuit ailleurs. Plusieurs dizaines de sinistrés se sont rendus à la polyvalente Montignac, transformée en centre d'hébergement de la Croix-Rouge. En tout, 613 personnes se sont enregistrées pour recevoir divers services d'aide, dont de l'aide psychologique.

Pour ceux qui ont pu rentrer à la maison, le cauchemar est loin d'être terminé. « Le plus dur en revenant, ce sont les pertes humaines. J'ai entendu dire que mon voisin et sa blonde sont décédés. Un des mes chums, sa fille est décédée [...] ça va être ça, le pire », a confié l'un d'eux.

D'autres continuent de s'accrocher à un mince espoir. « Une madame à côté, c'est sa petite-fille [qui est disparue]. Sa mère a une lueur d'espoir de la retrouver. C'est vraiment triste », s'est désolée une résidente, la gorge nouée par l'émotion.

Le fil des événements

La série d'événements qui ont conduit au déraillement d'un convoi de 72 wagons-citernes de pétrole brut au centre-ville de Lac-Mégantic à 1 h 15 dans la nuit de vendredi à samedi s'est amorcée à Nantes, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Lac-Mégantic.

Vers 23 h 25, vendredi soir, le train de la compagnie américaine Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) s'est immobilisé comme prévu à Nantes pour effectuer un changement d'équipe. Le train devait alors passé la nuit sur les rails, en attendant qu'un opérateur de MMA reprenne les commandes du train à 7 h, samedi matin.

Quelques minutes plus tard, un passant a appelé le 9-1-1 après avoir constaté un incendie dans la locomotive de tête. Les pompiers de Nantes ont alors éteint de feu, et un employé de MMA s'est rendu sur place pour confirmer que le train était sécurisé avant le départ des pompiers.

Or, pour une raison toujours inconnue, le convoi chargé de 7200 tonnes de pétrole brut se serait mis à rouler librement, sans conducteur, en direction de Lac-Mégantic, situé une dizaine de kilomètres plus bas.

« Bien que l'enquête gouvernementale sur la cause de l'accident a dans une grande mesure empêché MMA de terminer sa propre enquête, selon un fait qui semble établi, le moteur de la locomotive du train stationné à la station de Nantes a été arrêté après le départ du mécanicien qui avait conduit le train depuis Farnham, ce qui pourrait avoir entraîné le désarmement des freins à commande pneumatique de la locomotive qui maintenait le train en place », a indiqué MMA par voie de communiqué.

Entraîné par la gravité, le train a dévalé la voie à grande vitesse avant de s'engouffrer dans le cœur du village vers 1 h 15 du matin. Incapable de négocier un virage dans la ville à une telle vitesse, le convoi a déraillé au cœur de la ville, provoquant une série de puissantes explosions et d'incendies qui ont emporté une trentaine de bâtiments et fauché un nombre indéterminé de vies.

Le transporteur peu bavard

La compagnie Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), basée à Bangor, dans le Maine, se fait discrète depuis la catastrophe.

Dans un second communiqué publié dimanche après-midi, MMA a émis l'hypothèse d'un problème avec les freins à air du convoi. Samedi, l'entreprise américaine avait offert ses condoléances aux proches des victimes et a promis de collaborer aux enquêtes. Un porte-parole francophone a été désigné par la MMA, à qui on a reproché au cours des dernières heures la médiocrité de ses communications en français.

« Nous offrons nos sincères condoléances à ceux qui ont perdu leur maison ou leur commerce, qui ont été blessés ou qui ont perdu des êtres chers. » — Montreal, Maine & Atlantic Corporation
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  • Vigile du 12 juillet à Lac-Mégantic

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  • Vigile du 12 juillet à Lac-Mégantic

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  • La mairesse Colette Roy-Laroche

  • Le drapeau canadien en berne en mémoire des victimes

  • La mairesse Colette Roy-Laroche parle aux médias

  • Edward Burkhardt

    Des citoyens en colère invectivent le président de Rail World Inc. Edward Burkhardt, lors de son passage à Lac-Mégantic le 10 juillet.

  • Ed Burkhardt

    Le président de Rail World Inc., Edward Burkhardt, s'adresse aux médias à Lac-Mégantic, le 10 juillet.

  • Ed Burkhardt

    Le président de Rail World Inc., Edward Burkhardt, s'adresse aux médias à Lac-Mégantic, le 10 juillet.



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